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Construction, rénovation énergétique... Les défis qui attendent le monde HLM

Une grue sur un chantier de construction

Une grue sur un chantier de construction - Wikimedia Commons

Baisse des permis de construire, crise sanitaire, élections municipales… Autant de facteurs qui inquiètent les professionnels du logement social.

"Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura dans le prochain quinquennat une crise du logement": après le trou d'air de la construction en 2020, le mouvement HLM espère relancer une dynamique en obtenant de meilleures conditions pour lancer des chantiers. "La baisse depuis 2016 des agréments", les autorisations qui préfigurent les obtentions des permis de construire, laisse présager une "crise" en raison du manque de nouveaux logements, a dénoncé Marianne Louis, la directrice générale de l'Union sociale pour l'habitat (USH), en présentation du 81e Congrès des HLM qui se tiendra à Bordeaux de mardi à jeudi.

La crise sanitaire et les élections municipales ont retardé beaucoup de projets, notamment en 2020, mais les bailleurs sociaux accusent également la réduction de loyer de solidarité (RLS), une réduction de loyer imposée aux bailleurs en 2018 pour compenser la baisse des aides personnalisées au logement (APL) versées aux locataires; cette RLS coûtera aux organismes HLM 1,3 milliard d'euros en 2021. Les HLM, qui représentent 4,7 millions de logements et comptent 15% des ménages français comme locataires, rêvent toujours de sa suppression.

250.000 nouveaux logements sociaux en deux ans

Le gouvernement a signé en mars 2021 un protocole en faveur de la relance de la production des logements sociaux. Il vise 250.000 nouveaux en deux ans, s'appuyant sur 450 millions d'euros en subventions et 250 millions de prêts supplémentaires d'Action Logement. En 2020, moins de 90.000 logements sociaux ont été agréés, loin des 110.000 visés cette année-là, et encore plus loin de l'objectif de 150.000, inscrit en 2018 dans la loi de Finances.

En septembre 2021, la Banque des territoires avait estimé que malgré la crise, les HLM disposaient d'"une capacité financière suffisante pour maintenir à long terme la production de logements sociaux", avec près de 120.000 logements jusqu'en 2024, puis 100.000 par an. Un nombre "pas suffisant pour faire face à une demande croissante", assure Marianne Louis. Depuis 2013, les demandeurs ont augmenté de 20% et ils sont désormais plus de 2,2 millions à espérer une place.

Cet impératif de nouvelles constructions sera encore au coeur des débats du Congrès HLM. "C'est un moment de rencontres, de cohésion du mouvement, et c'est toujours intéressant à la veille d'une élection présidentielle", prévoit Emmanuelle Cosse, la présidente de l'USH dans une conférence de presse de présentation. Plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Jean Castex mardi et la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon jeudi, sont attendus et pourront répondre à ces préoccupations. Ils devraient s'appuyer sur les propositions de la commission Rebsamen sur la relance de la construction durable, publiées cette semaine.

"Un soutien aux maires bâtisseurs"

Outre la révision de la RLS, les HLM défendent aussi "un soutien aux maires bâtisseurs", veulent pérenniser et durcir les sanctions en cas de non-respect de la loi SRU sur la construction de logements sociaux ou encore "faire une pause normative" sur la construction, les réglementations conduisant selon eux à "une inflation mécanique des coûts."

Les travaux de rénovation énergétique sont également observés de près. La révision des diagnostics de performance énergétique (DPE) fait craindre "de mauvaises surprises", avec un risque de dégradation des étiquettes des HLM, alors qu'il sera progressivement interdit de louer les plus énergivores d'entre eux. "Nous ne remettons pas en cause cet objectif, contrairement à d'autres acteurs du logement. Mais on doit réfléchir au plan de financement. La RLS serait plus utile ici que pour le budget de l'Etat", a défendu Emmanuelle Cosse.

19% des logements du parc social sont actuellement classés E, F ou G, et ne pourront donc plus être loués d'ici entre 2025 et 2034 si leur performance énergétique reste en l'état.

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze avec AFP Journaliste BFM Éco