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Calais: amendes confirmées pour des bénévoles d'Utopia 56 portant assistance aux migrants

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Plusieurs bénévoles ont reçu des amendes après avoir porté assistance à des migrants lors des confinements imposés par le Covid-19.

Le tribunal de police de Boulogne-sur-Mer a confirmé lundi deux des multiples amendes infligées pour violation du confinement à des bénévoles de l'association d'aide aux migrants Utopia 56, actifs à Calais, tout en les dispensant de peine.

Selon l'association, ses membres se sont vus infliger une centaine de contraventions représentant quelque 20.000 euros d'amendes à payer- alors qu'ils portaient assistance aux migrants lors des confinements imposés par la pandémie de Covid-19.

Si une trentaine ont déjà été classées sans suite après une simple requête, l'association en conteste encore une quarantaine.

"Un soutien matériel et indispensable"

Celles confirmées par le tribunal de police de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), mais avec dispense de peine, concernaient deux bénévoles, verbalisés pour s'être rendus sur un lieu de vie de candidats à l'exil en mai 2021 afin de fournir des couvertures, attestations de l'employeur à l'appui.

"On était dehors, mais on avait pas à se faire verbaliser pour ça: on apportait un soutien matériel et indispensable à des personnes en situation de grande vulnérabilité", a réagi Marguerite Combes, membre d'Utopia56.

Relevant que l'assistance à des personnes vulnérables faisait partie des motifs reconnus par les autorités pendant le confinement, elle a mis en cause un "harcèlement" des autorités.

Contexte "d'intimidation"

Le tribunal avait à l'inverse classé sans suite le 20 mai trois verbalisations infligées à deux membres d'une autre association active auprès des migrants à Calais, Human Rights Observers, selon cette dernière.

Une quarantaine d'autres audiences concernant les deux associations sont prévues dans les mois à venir, selon un de leurs conseils, Me Maxime Cléry-Melin.

Selon Marguerite Combes, l'affaire s'inscrit dans un "contexte général d'entrave aux associatifs et d'intimidation".

Le littoral nord de la France aimante depuis des années des milliers de candidats à l'exil, qui campent dans des conditions insalubres en attendant de trouver un bateau ou un camion pour la Grande-Bretagne.

M.L. avec AFP