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Après la fermeture à Fessenheim, la centrale nucléaire de Gravelines menacée?

La centrale nucléaire de Fessenheim a définitivement éteint ses deux réacteurs en début de semaine. À Gravelines, les syndicats craignent pour l'avenir du site.

L'arrêt de la doyenne des centrales nucléaires françaises a réveillé les inquiétudes . Dans la nuit de lundi à mardi, la centrale de Fessenheim a été définitivement arrêtée en vue de son démantèlement. A la centrale de Gravelines, la plus grande d'Europe, on redoute un avenir similaire.

Parmi les six réacteurs de la centrale mise en service en 1980, deux ont déjà 40 ans, soit trois de moins que ceux de la centrale de Fessenheim. Mais pour les syndicats, une fermeture serait "économiquement parlant un désastre", alors que 3200 emplois gravitent autour de cette centrale.

Des travaux pour allonger la durée de vie

"On veut se battre pour pouvoir avoir un EPR. Il faut renouveller. On peut fermer deux tranches mais on peut en construire deux", assure Nicolas Dessertenne, délégué CGT CNPE à Gravelines, au micro de BFM Grand Lille et BFM Grand Littoral.

"On se battra pour pouvoir avoir deux nouveaux EPR sur le site de Gravelines et continuer à être attractif", poursuit le représentant syndical, qui redoute de finir "comme Fessenheim qui aujourd'hui n'a aucune ressource, ni ambition sur le site".

Actuellement, des travaux sont en cours pour prolonger la vie des réacteurs, pour un coût d'environ 4 milliards d'euros. Une digue doit également être construite dans les prochains mois pour éviter les inondations. Toutefois, les défenseurs de l'environnement dénoncent une incohérence.

Moins de nucléaire d'ici 2035

"C'est beaucoup d'investissement pour une centrale qui est vieillissante", note Nicolas Fournier, président de l'association ADELFA. "C'est un peu comme sur votre vieille voiture: à quoi bon s'acharner à faire de grosses réparations?", compare le militant.

"À un moment, il va falloir passer à un autre mode de production d'électrcité. Plus on ira vers les énergies renouvelables, plus on appuiera sur la transition énergétique, mieux ça vaudra. Le nucléaire, en aucun cas, ne sera une solution d'avenir", assène le militant.

Si l'avenir de la centrale de Gravelines reste encore flou, l'Etat lui a donné une direction claire pour ces prochaines années. Le gouvernement s'est engagé à réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité en France de 70% à 50% d'ici à 2035. Mardi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a malgré tout assuré que le nucléaire "garde toute sa pertinence en France".

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions