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Roubaix: jugé pour escroquerie, le maire condamné à du sursis et à deux ans d'inéligibilité

Le maire de Roubaix, Guillaume Delbar.

Le maire de Roubaix, Guillaume Delbar. - BFM Grand Lille

L'élu, au même titre que plusieurs membres de son entourage et de l'équipe municipal, a été reconnu coupable ce jeudi d'infractions financières.

Mise en délibéré au début du mois d'octobre, la décision est tombée ce jeudi. Guillaume Delbar, maire de Roubaix, et plusieurs membres de son entourage et de l'équipe municipale ont été reconnus coupables d'infractions financières et de fraude fiscale par le tribunal correctionnel de Lille.

L'élu a écopé d'une peine de six mois de prison avec sursis, de 3000 euros d'amende et d'une peine d'inéligibilité de deux ans.

Sur les 14 prévenus, le premier adjoint de Guillaume Delbar, Max-André Pick (LR), a été condamné à la peine la plus lourde, seul à avoir droit à de la prison ferme, toutefois aménageable en détention à domicile.

Max-André Pick, qui est également vice-président du département du Nord chargé desfinances, a été condamné à 18 mois de prison, dont six mois avec sursis, assortis d'une peine d'inéligibilité de trois ans et une amende de 10.000 euros.

Plusieurs dizaines de milliers d'euros défiscalisés

Au coeur de ce dossier, des dons à des micro-partis entre 2015 et 2020 dont les personnes poursuivies défiscalisaient les deux tiers mais sur lesquels ils récupéraient en plus, via des chèques d'associations "coquilles vides" 85% des montants initialement versés.

Parmi les personnes poursuivies, outre M. Delbar et son premier adjoint, figurent deux autres élus de Roubaix, ville de près de 100.000 habitants aux forts taux de chômage et de pauvreté.

"Ce dossier est un exemple de détournement de la démocratie et des règles du financement de la vie politique", avait fustigé le procureur Michael Bonnet lors de l'audience en octobre. "Il n'est pas supportable que des élus abusent de leur position pour échapper au paiement de l'impôt".

MM. Pick et l'ancien directeur de cabinet du maire de La Madeleine, Pascal Legrand, avaient reconnu avoir mis en place ce système mais assuré ne pas l'avoir cru illégal - à la rigueur "border line" selon l'expression de M. Pick.

Les proches des élus, qui avaient été incités à faire des dons à ces micro-partis, avaient insisté sur la confiance vouée à M. Pick. Max-André Pick et l'épouse de M. Delbar, Caroline, étaient également poursuivis pour abus de confiance, en plus du chef d'escroquerie en bande organisée. Caroline Delbar a été condamnée à six mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende, ainsi que deux ans d'inéligibilité.

Florian Bouhot avec AFP