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Viande, fromage, charcuterie... Les ménages modestes taillent copieusement dans leurs achats

Un rayon charcuteries dans un supermarché, le 27 juin 2014 à Faches-Thumesnil (Nord)

Un rayon charcuteries dans un supermarché, le 27 juin 2014 à Faches-Thumesnil (Nord) - PHILIPPE HUGUEN © 2019 AFP

Selon Kantar, les Français continuent de diminuer leur volume d'achats en grande distribution, principalement les ménages modestes qui désertent les rayons "à la coupe".

Les Français taillent dans leurs dépenses alimentaires. Selon les données du panéliste Kantar reprises par LSA, la baisse des dépenses alimentaires dans ce contexte inflationniste a atteint 3,2% entre le 18 avril et le 15 mai dernier par rapport à la même période de 2021 dans l'ensemble de la grande distribution.

La chute est particulièrement forte pour les produits dits frais traditionnels, c'est-à-dire ceux de boucherie, crèmerie et traiteurs vendus sur des stands et pour certain à la coupe. Kantar constate un effondrement de la demande sur cette catégorie de 12,2% sur la période (-11,8% en volume d'achat) après déjà une baisse de 13,2% sur la période précédente.

Dans la plupart des supermarchés et hypermarchés, ces comptoirs sont désertés car jugés plus coûteux par les consommateurs soucieux de leurs dépenses. Pour preuve, ce sont les ménages modestes qui réduisent le plus leur volume d'achat de ces produits alimentaires (-13% contre -10,2% pour les aisés).

Charcuterie en chute libre

Pour certaines catégories de ces produits frais, c'est un effondrement auprès des ménages modestes: -22% pour les viandes, -26,4% pour les fromages et même plus de 33% de baisse pour la charcuterie traditionnelle.

Les ménages aisés de leur côté réduisent aussi leurs achats mais dans une moindre proportion. Les seules catégories sur lesquelles ils arbitrent davantage que les modestes sont les volailles (-22% contre -16% pour les modestes) et les fruits (-7% contre -2,1% pour les ménages modestes).

Certaines catégories bénéficient toujours d'un effet de stock avec des ventes en très forte hausse en volume. C'est le cas de la moutarde (+13,9%), de l'huile (+15,5%), des pâtes (+7%) ou de certains produits spécifiques comme les maïs doux (+24%).

"Face à la crainte d'une pénurie de moutarde, les foyers continuent à stocker en achetant quasiment 14 % de moutarde en plus qu'en 2021 sur la même période, et se reportent sur des produits haut de gamme faute de choix, tant pour les foyers aisés que les foyers modestes", constate Kantar.

Des Français qui malgré les contraintes budgétaires ne se réfugient pas massivement pour le moment sur les marques de distributeurs. Si ces dernières sont moins coûteuses, ce sont aussi celles qui ont vu le plus leurs prix augmenter depuis le début de l'année avec les "premiers prix".

"Il n'y a toujours pas de report sur les enseignes à dominante marques propres [NDR. Lidl, Aldi...] ou les marques de distributeurs qui reculent même à 40% de part de marché volume", constate ainsi Kantar.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco