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Transition énergétique: la France dans le top 10 des pays les plus avancés

Le champs d'éoliennes au nord de Pithiviers est composé de 16 pylônes (image d'illustration)

Le champs d'éoliennes au nord de Pithiviers est composé de 16 pylônes (image d'illustration) - Patrick Hertzog - AFP

Dans le classement des pays qui mènent le mieux leur transition énergétique, la France décroche la 8e place sur 115. Parmi les pays du G20, seul le Royaume-Uni fait mieux.

Le Word Economic Forum a publié ce mercredi son étude sur l’avancée du monde en matière de transition énergétique. Un classement qui évalue à la fois les performances énergétiques et écologiques actuelles des pays, et leurs engagements pour le futur. Et cocorico: la France y apparaît particulièrement bien classée. Elle figure au 8ème rang sur les 115 pays étudiés. 

Les analystes du World Economic Forum ont établi leur classement en se basant sur plusieurs critères. Le premier est la “sécurité énergétique”, qui mesure notamment le niveau de développement du réseau électrique. “La France a un très bon score dans ce domaine, puisque son réseau est excellent, qu’il n’y a pas de coupure intempestive tous les jours ou tous les mois”, décrypte Roberto Bocca, expert au World Economic Forum.

Ce critère englobe aussi la composition du mix énergétique -plutôt à dominante charbon, nucléaire, solaire?- et enfin le degré d’indépendance énergétique. “C’est-à-dire est-ce que l’on importe beaucoup d’énergie pour notre consommation intérieure? Est-ce qu’on a des fournisseurs multiples ou une dépendance à un seul”, détaille le spécialiste. Là encore, la France, dont la production énergétique est excédentaire et qui diversifie ses sources, est très bien notée. 

Loin devant l'Allemagne

Troisième critère pris en compte pour le classement: la “durabilité environnementale”. “Nous regardons les émissions de CO2 totales du pays rapportées à son nombre d’habitants, et aussi de combien d’unités d’énergie le pays a besoin pour générer un point de PIB. Moins il en faut, mieux c’est, et la France fait assez bien sur ce sujet”, continue Roberto Bocca. 

Dernier sujet scruté par les analystes: les ambitions du pays en matière de réduction des émissions. Et l’Hexagone, avec "ses engagements pris dans le cadre des Accords de Paris, ses capitaux, ses brillants ingénieurs et son écosystème favorable à l’innovation a tout pour aller dans la bonne direction”, explique le responsable énergie du World Economic Forum. 

Ainsi, la France se retrouve 8ème, juste derrière le Royaume-Uni. Ces deux grandes puissances sont d'ailleurs les seules du G20 à figurer dans le top 10. Plus bas, l’Allemagne se contente de la 20e place, et les Etats-Unis de la 32e.

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Enfin, l’Inde et la Chine occupent les 74e et 78e rang sur 115. “On note que l’écart se réduit avec les pays les plus avancés, ce qui est à la fois une bonne nouvelle -les émergents font des efforts- et une mauvaise: les économies développées devraient aller plus vite, et prendre plus d’avance”, souligne Roberto Bocca. 

La pandémie: un risque autant qu'une opportunité

Pour progresser encore dans le classement, la France devrait davantage travailler sur le prix des différentes énergies vendues aux entreprises comme aux ménages.

“Pas forcément pour le baisser, mais pour le rendre plus juste. Si l’électricité ne coûte rien, vous allez laisser la lumière allumée en permanence. Et pour une entreprise, le choix est vite fait entre une énergie fossile peu chère et des renouvelables onéreux”, pointe l’expert. 

Les experts ayant établi ce classement -le 9ème du genre publié par le World Economic Forum- s’attardent aussi sur le sujet qui occupe l’actualité mondiale depuis des semaines: la pandémie de Covid 19. Et pour eux, elle représente aussi bien un risque qu’une opportunité. 

“Un risque parce que les entreprises et les Etats vont avoir moins de capitaux à mettre dans la transition énergétique. Une opportunité parce que la crise appelle la relance. Et que des pays comme la France donnent l’impression de vouloir diriger ses investissements dans une relance verte, par exemple en soutenant Air France à condition que la compagnie supprime les vols intérieurs de courte distance.

Nina Godart