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"Sunny" Balwani, l'ex-directeur des opérations de la start-up Theranos, condamné pour fraude

La start-up californienne Theranos promettait de révolutionner les tests sanguins mais s'était effondrée lorsqu'il avait été révélé que la technologie n'avait jamais fonctionné comme prévu.

Ramesh "Sunny" Balwani, ex-directeur des opérations de Theranos, qui promettait de révolutionner les tests sanguins, a été condamné pour fraude jeudi, six mois après une condamnation similaire pour son ancienne compagne Elizabeth Holmes, la fondatrice de la start-up californienne déchue. Il avait plaidé non coupable à l'ensemble des chefs d'accusation mais le jury du tribunal de San José l'a déclaré coupable sur tous les dossiers de fraude envers les investisseurs et les patients de l'entreprise, d'après les documents juridiques consultés par l'AFP.

Sunny Balwani, tout comme l'ancienne dirigeante, risque plusieurs dizaines d'années de prison. Il sera fixé sur sa peine le 15 novembre. D'ici là il reste libre sous caution, mais le juge a augmenté le montant de cette dernière à 750.000 dollars

Les promesses de Theranos de fabriquer des outils de diagnostic plus rapides et moins chers que ceux des laboratoires traditionnels avaient suscité l'enthousiasme de nombreux hommes d'affaires et hauts personnages, y compris l'ex-secrétaire d'Etat Henry Kissinger, l'ancien ministre de la Défense James Mattis ou le magnat des médias Rupert Murdoch. Mais la start-up, fondée en 2003, s'était effondrée après le scandale de 2015, quand le Wall Street Journal avait révélé que la technologie n'avait jamais fonctionné comme prévu.

"Fake it till you make it"

Elizabeth Holmes, qui avait lancé son entreprise à seulement 19 ans, a été jugée coupable d'escroquerie envers des investisseurs mais acquittée de certains chefs d'accusation le 3 janvier dernier, après plus de trois mois de procès. Sa peine doit être prononcée le 26 septembre, mais elle a fait appel. Le procès de Sunny Balwani s'est ouvert le 22 mars, après plusieurs reports dûs au Covid. Le parquet a mis en évidence la responsabilité et l'expérience du directeur des opérations qui a épaulé la jeune patronne et l'a soutenue dans ses décisions.

Les deux anciens dirigeants et ex-amants devaient initialement être jugés ensemble, avant que leurs dossiers ne soient séparés. Pendant son procès, Elizabeth Holmes a assuré aux jurés que sa relation amoureuse avec "Sunny" Balwani avait été émaillée de relations sexuelles forcées et qu'il était responsable des problèmes techniques de son entreprise.

Avec sa personnalité charismatique et son récit soigné, elle a incarné un des mantras de la Silicon Valley: "fake it till you make it" ("fais semblant jusqu'à ce que tu y arrives"). Ses avocats ont fait valoir sa bonne foi devant le tribunal. "L'échec n'est pas un crime, persévérer et ne pas y arriver n'est pas un crime", a par exemple déclaré Lance Wade. Mais selon le procureur, l'ex-entrepreneuse a délibérément trompé ses partenaires pour lever des fonds, plus de 700 millions de dollars en tout.

J. Br. avec AFP