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Stations de ski ouvertes sans remontées: les Domaines skiables de France dénoncent "une aberration"

La station de ski de Gresse-en-Vercors

La station de ski de Gresse-en-Vercors - Guy ROUSSEL (licence Creative Commons sur Wikipedia)

Les Domaines skiables de France assurent que les opérateurs vont "continuer à venir au contact du gouvernement et à demander des explications".

Les Domaines skiables de France (DSF), opérateurs des remontées mécaniques des 250 stations de ski françaises, dénoncent une "aberration" après l'annonce ce jeudi de Jean Castex d'une ouverture des stations sans remontées. "C'est une aberration car c'est une activité de plein air! ", a réagi Alexandre Maulin, président de DSF, qui se dit "atterré".

"La situation est unanime: les demandes d'annulations s'il n'est pas possible de faire du ski sont gigantesques: 85 à 90% des gens qui viennent à la montagne font du ski", a rappelé Alexandre Maulin, qui parle de "20 à 30% de l'activité remise en cause".

"Conscients que la situation sanitaire est une priorité, nous cherchions des solutions pour des orientations vers le privé, pour ne pas saturer l'hôpital public, et tout notre travail a été balayé d'un revers de main mardi soir (par le président de la République) et confirmé ce jeudi matin" par le Premier ministre, a déploré le responsable. Il a assuré que les opérateurs allaient "continuer à venir au contact du gouvernement et à demander des explications". "Pourquoi prendre la décision maintenant si on peut attendre 10 jours? Pourquoi une annonce nationale au lieu de faire du local en affinant les capacités hospitalières publiques et privées?", s'est-il interrogé.

"Il faut nous dire clairement qu'on veut tuer les stations"

Du côté des maires de stations de montagne, le président de l'ANMSM Jean-Luc Boch a renchéri en parlant d'une décision "totalement incompréhensible". "Quand on est 400 dans un métro parisien on ne se contamine pas mais à quatre sur une remontée mécanique on se contaminerait?", a-t-il relevé, lui-même maire de La Plagne (Savoie).

Et il s'est interrogé sur la fermeture des équipements publics. "Quels sont-ils? Les cinémas? Les théâtres? Est-ce qu'il y a une application particulière aux montagnes ?". "Il faut nous dire clairement qu'on veut tuer les stations. Il faut nous le dire!", s'est emporté le président de l'ANMSM.

Quant à l'argument de la situation des hôpitaux proches de la saturation à cause du Covid, "rappelons que 92 à 94% des accidentés du ski sont traités en cabinets de station. Et il y a aussi beaucoup de place dans les cliniques privées", insiste-t-il. "On va arrêter de se faire massacrer en se taisant; on ne va rien lâcher! On n'a pas le droit d'être sacrifiés sur l'autel de la politique", a conclu Jean-Luc Boch, qui a demandé un rendez-vous au Premier ministre la semaine prochaine" et réfléchit "à ce qu'on va intenter comme action".

P.L. avec AFP