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Sébastien Soriano (Arcep) : "Le réseau est trop chargé, la 5G va dégager de nouvelles capacités"

Sur BFM Business, Sébastien Soriano, président de l'Arcep, a expliqué l'urgence de déployer la 5G et celle de couvrir tout le territoire en 4G.

A une semaine du lancement des enchères pour l'attribution des fréquences 5G, Sébastien Soriano, président de l’Arcep, était l'invité de BFM Business pour rappeler l'importance du déploiement de la 5G. Pour le régulateur des télécoms, cette norme de communication moblie va ouvrir une nouvelle phase industrielle, mais il rappelle que la 5G est aussi "une amélioration pour les consommateurs".

"La 5G c'est la 4G, mais en mieux, avec des débits 10 fois plus rapides. Dans les villes, trop de gens sont sur la 4G pour regarder des vidéos, aller sur les réseaux sociaux. Le réseau est trop chargé, ça rame. La 5G va dégager de nouvelles capacités", promet Sébastien Soriano.

Selon lui, le 5G "bashing" s'éteindra même lorsque "les Français verront la qualité du service". Concernant le rejet de cette nouvelle norme et les arguments parfois erronés qui circulent, Sébastien Soriano estime que ce sera aux opérateurs d'éduquer le public. Ils devront "la rendre concrète, pour démystifier un certain nombre de représentations abstraites, des fantasmes".

Quant aux zones blanches, qui souffriraient de la 5G, le président de l'Arcep a rappelé que les opérateurs sont concentrés sur ce dossier. "Il y a un plan en cours de mise en oeuvre, le New deal mobile. Les opérateurs vont investir trois milliards d'euros pour couvrir les zones rurales en 4G d'ici fin 2020. Quelques zones très rurales seront migrées d'ici à 2022."

Les enchères démarrent à 70 millions d'euros

Les enchères 5G vont donc démarrer le 29 septembre. Le processus d'achat repose sur une mise en vente de 11 blocs de 10 Mhz à 70 millions d'euros chacun. Chaque opérateur (Orange, SFR (groupe Altice, également propriétaire de BFM Business), Free et Bouygues), qui dispose déjà de 50 Mhz, devra dire combien de blocs il désire en acquérir à ce montant.

"L'addition de leurs demandes sera certainement supérieure à 11, la demande sera supérieure à l'offre. Le but est que la demande soit égale à l'offre. On va donc monter les prix de 5 millions d'euros sans dépasser 100 [Mhz, NDLR], sans pouvoir vendre plus de 5 blocs par opérateurs", explique le président de l'Arcep.

Ce système ne va-t-il pas favoriser celui qui a le plus de moyens, en l'occurence Orange dont l'Etat est actionnaire? "C'est une préoccupation présente à notre esprit et l'Arcep est vigilante à ce que la concurrence soit très active sur le marché des télécoms". Le régulateur doit veiller à ce que chaque opérateur sécurise au moins 50 Mhz. Le jeu est ouvert, il y a un filet de sécurité. "Les plus gourmands auront plus de fréquences, mais sans pouvoir éjecter leur concurrents", explique Sébastien Soriano.

Enfin, la question de Huawei se pose encore. Le groupe chinois pourra-t-il vendre des antennes 5G aux opérateurs français? Sébastien Soriano ne le dit pas.

"C'est la volonté du gouvernement d'appoporter des garanties nouvelles sur les enjeux de sécurité. Les réseaux 5G vont être importants dans le fonctionnement de la ville intelligente, de la voiture autonome, des industries connectée, cette exigences est logique et la volonté de l'état de vouloir une forme de souveraineté parait de bon aloi", estime le président de l'Arcep.
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco