BFM Business

Devenir franchiseur, la clé de la résilience en période de crise ?

[CONTENU PARTENAIRE] Fin 2019, la France comptait 2 049 réseaux de franchise (+2,2 % par rapport à 2018) et 78 218 points de vente franchisés (soit 3 205 de plus qu’à fin 2018). Selon les derniers indicateurs dévoilés le 26 février dernier par la Fédération Française de la Franchise (FFF), l’ensemble a réalisé un chiffre d’affaires de près de 68 milliards d’euros (+9,3 %). Le succès du modèle ne se dément pas, avec une forte croissance du nombre de franchiseurs, même en temps de crise affirment Julien Siouffi, expert franchise et digital Franchise Board, et Sébastien Beaugendre, avocat-associé au sein du Cabinet Hubert Bensoussan & Associés.

Comment se comporte le modèle de la franchise en période de crise ?

Julien Siouffi, expert franchise et digital, Franchise Board : Il est structurellement plus résilient puisque l’impact est réparti sur autant de sociétés indépendantes constitutives du réseau, au lieu de frapper un siège avec des succursales qui va s’écrouler sous le poids des difficultés et entraîner toute l’organisation dans sa chute. Le modèle de la franchise permet donc de beaucoup mieux amortir les chocs. C’est aussi, par définition, la prévisibilité d’un succès, puisqu’on reproduit la réussite d’une autre entreprise.

Sébastien Beaugendre, avocat-associé, Cabinet Hubert Bensoussan et Associés : La structuration en réseau permet de mettre en commun des éléments et des forces. Dans le même temps, le modèle permet de diluer le risque. Prenons l’exemple de franchisés dans le domaine de la restauration. Chacun d’entre-eux va pouvoir bénéficier d’aides de l’État en cette période difficile. Il reste toutefois des restes à charge quand par exemple la prise en charge du chômage partiel ne couvre que 84 % des besoins. Le calcul est alors simple. Là où une structure traditionnelle va devoir supporter la totalité des 16 % restants, dans le cas de la franchise, cette charge est répartie sur chacun des franchisés individuellement. Le choc est donc, effectivement, bien mieux amorti.

Cela veut-il dire que sous l’effet de la crise, les franchiseurs vont encore se développer ?

J.S. : Aujourd’hui, en ce qui concerne les têtes de réseau, nous constatons un afflux de candidatures. De même, nous ne notons aucun problème de recrutement de franchisés. Le goulot d’étranglement qui se profile à l’horizon pour ces derniers est celui du financement bancaire. Pour autant, il faut bien constater qu’historiquement, les crises n’impactent pas le développement des réseaux, bien au contraire. Nous attendons donc une multiplication du nombre de franchiseurs.

S.B. : Dans de tels moments, la tête de réseau peut être un facteur de première importance au vu des liens qu’elle a su tisser au fil des années avec ses partenaires bancaires. Ce qui peut lui permettre de contribuer à desserrer ce goulet d’étranglement qui risque d’impacter les franchisés, tout en continuant à respecter l’indépendance de ces derniers. Le rôle d’assistance de la tête de réseau est donc fondamental.

Quels sont les enjeux pour un entrepreneur qui voudrait sauter le pas et se transformer pour devenir franchiseur ?

S.B. :Au-delà de la création d’une nouvelle entité juridique, c’est dans les rapports au quotidien que les choses vont drastiquement changer. Le chef d’entreprise qui devait tout gérer, et notamment les salariés, va désormais s’inscrire dans le rapport franchiseur/franchisé. Sa préoccupation va désormais être de donner à ses franchisés, qui sont indépendants, les moyens techniques et intellectuels de réitérer sa réussite. L’ensemble de ces éléments va être contractualisé avec une attention particulière portée à l’équilibre des obligations du franchiseur, d’un côté, et du franchisé, de l’autre.

J.S. : Quand un entrepreneur souhaite passer d’employeur à franchiseur, il y a cinq points clés sur lesquels le franchiseur va devoir s’engager vis-à-vis de son réseau et qui seront contractualisés. Il s’agit de la mise à disposition de la marque, la formation, les services au réseau, l’infrastructure informatique, et la communication, qui vont devenir autant de centres de profit pour le franchiseur. Désormais, la relation entre la tête de réseau et son ancienne succursale sera régie selon ces cinq axes.

La franchise, n’est-ce pas également l’un des meilleurs moyens de créer un réseau de distribution captif ?

J.S. : De nombreux franchiseurs ont compris tout l’intérêt du système, notamment certaines marques de cuisine, comme Schmidt, qui sont des leaders dans leur domaine. Grâce à leur réseau, ces structures ont une prévisibilité de leur production industrielle qui rend leur avenir sécurisé par rapport à un industriel classique puisqu’elles peuvent compter sur un réseau étendu bien établi d’indépendants qui vont distribuer en exclusivité leurs produits avec des contrats d’engagement qui peuvent aller jusqu’à 10 ans. Pour un industriel, il s’agit donc d’un confort absolu qui va lui permettre de prévoir ses investissements sur un temps long. Il en va de même pour un distributeur, un restaurateur, l’éditeur d’un logiciel, ou le créateur d’un concept innovant.

S.B. : A propos du secteur industriel, outre ce schéma par lequel le producteur s’assure la maîtrise de l’aval (distribution captive), pourrait se concrétiser à la faveur de la crise, la franchise appliquée au monde de l’industrie. Un savoir-faire industriel serait transmis par un franchiseur à un franchisé. Cela permettrait de dupliquer les capacités de production sans que la tête de réseau ait à créer elle-même des usines sous forme de succursales ou de filiales. C’est une piste très intéressante qui pourrait connaître de nombreux développements.

Ce contenu a été réalisé avec SCRIBEO. La rédaction de BFM BUSINESS n'a pas participé à la réalisation de ce contenu.

En partenariat avec SCRIBEO