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Récession: la France devrait davantage souffrir que ses voisins en fin d'année

Une rue commerçante vide à Vienne, en Autriche, le 17 novembre 2020

Une rue commerçante vide à Vienne, en Autriche, le 17 novembre 2020 - HELMUT FOHRINGER © 2019 AFP

Malgré un fort rebond au troisième trimestre, les mesures de couvre-feux puis de reconfinement risquent d'entraîner une baisse d'activité en France plus importante qu'en Allemagne, Italie ou Espagne. Le mois de décembre sera crucial. 

Si la fin d'année approche rapidement, il est encore difficile de prédire dans quel état on retrouvera la France au 31 décembre prochain, la faute à des incertitudes sanitaires qui plombent l'économie. Dans un nouveau point de conjoncture, publié ce mardi, l'Insee est revenu sur l'année compliquée traversée par la France et ses voisins mais aussi sur l'impact du reconfinement.  

Sans surprise, le PIB a français a connu un incroyable rebond au troisième trimestre: après avoir sombré à -18,9% au second trimestre par rapport au niveau d’avant-crise, il a augmenté de 18,2% au trimestre suivant, ramenant le glissement annuel à -4,3 %. Une sacrée performance puisque le pays a rattrapé l'Allemagne qui avait largement moins souffert. 

Problème: le mois de novembre, s'il n'a rien à voir avec le premier confinement, affiche des signaux inquiétants. Au mois de novembre, l'activité française "se situerait à environ 13 % sous son niveau d’avant-crise (contre environ 30 % en avril), une estimation proche de celle calculée dernièrement par la Banque de France" souligne l'Insee mais "les données à haute fréquence suggèrent à ce stade pour novembre des pertes plus importantes que dans les principaux pays voisins." 

Les données à haute fréquence sont par exemple l'utilisation des transports publics. "Les indicateurs de Apple Maps Mobility indiquent une baisse de l’utilisation des transports en commun depuis la mi-septembre, en particulier en France depuis la mise en place du couvre-feu dans un certain nombre de métropoles, et davantage encore depuis le début du second confinement" souligne l'Insee. Une situation confirmée par une baisse plus marquée en France des déplacements en voiture, par rapport aux autres pays.  

De la même façon, la fréquentation des commerces de détail (hors alimentaires) et des lieux récréatifs diminue progressivement en Europe depuis septembre. En France, le reconfinement français a provoqué une inévitable chute dès le début du mois de de novembre tandis que l'Angleterre a patienté avant de reconfiner et que l'Allemagne a gardé ses magasins ouverts. 

Quel scénario pour décembre ?

La question est désormais de savoir comment l'économie évoluera en décembre, période majeure dans le commerce. L'Insee dresse trois scénarios: le pire serait un confinement maintenu jusqu'à la fin de l'année "avec in fine une perte d’activité à -9,5% sur le trimestre par rapport au niveau d’avant-crise". A l'opposé, le scénario plus favorable verrait un retour de l’activité début décembre "à son niveau d’octobre, avec in fine une perte d’activité de -6,5%." Mais l'institut s'attend plutôt à un scénario intermédiaire: un confinement jusqu'à la première quinzaine de décembre puis un allègement de certaines mesures pendant la deuxième quinzaine. "La perte d’activité serait alors de 8% au quatrième trimestre 2020, par rapport au quatrième trimestre 2019" souligne l'Insee. 

Thomas Leroy Journaliste BFM Business