BFM Business

Veolia conteste les craintes de Suez sur les 10.000 emplois menacés par la fusion

Le rapprochement entre Veolia et Suez menacerait 10.000 emplois dans le monde dont la moitié en France

Le rapprochement entre Veolia et Suez menacerait 10.000 emplois dans le monde dont la moitié en France - Ludovic MARIN

Selon le directeur général adjoint de Suez, la fusion menacerait 10.000 emplois dont la moitié en France. Veolia conteste et affirme qu'elle "préservera 100% des emplois"

Dès l'annonce de cette OPA, les dirigeants de Suez alertent tour à tour sur un risque de plan social si son rival parvenait à ses fins. Après Philippe Varin, président de Suez, c'est Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint qui lance une alerte, chiffres à l'appui.

Selon Jean-Marc Boursier, un rapprochement avec Veolia menacerait environ une dizaine de milliers d'emplois dans le monde, dont la moitié en France.

"Evidemment que ça aboutirait à une casse sociale. On l'a chiffrée à 10.000 personnes dans le monde dont 4 à 5000 en France", a déclaré Jean-Marc Boursier devant quelques journalistes, en marge d'une visite du Centre international de recherche sur l'eau et l'environnement de Suez.

Dès la diffusion de cette annonce, le groupe Veolia a répliqué. Il affirme que son projet "préservera 100% des emplois".

"Bertrand Camus (le directeur général de Suez, ndlr) et son équipe ont vendu 13.000 salariés de leur groupe sur les 90.000 en un mois. Notre projet préservera 100% des emplois qu'il reste. Chaque salarié conservera 100% de ses avantages sociaux. Nous l'avons dit, nous le garantissons, nous réaffirmons être prêts à l'écrire", a déclaré Veolia dans une réaction transmise à l'AFP.

Une opération "inopportune"

Suez indique de son côté que ces calculs ne sortent pas d'un chapeau. Il avaient été faits avec Veolia en 2012, lorsqu'un rapprochement entre les deux groupes avait déjà été envisagé, puis abandonné. "Quand on a vu le caractère effroyable du nombre de licenciements qu'on devait faire, on a refermé le dossier", a souligné Jean-Marc Boursier.

Le groupe Suez compte 90.000 collaborateurs, dont 30.000 en France. Debut septembre, Philippe Varin déclarait que "sur le fond, ce projet a des failles. Il comporte de considérables risques d'exécution".

Pour Elisabeth Borne, ministre du Travail, ce projet ne provoquera pas de casse sociale en France. Sur BFM Business, elle déclarait récemment en avoir eu confirmation par le PDG de Veolia, Antoine Frérot. "Il m'a assuré qu'il n'y aurait pas de perte d'emplois en France. L'objectif c'est qu'il n'y ait pas de suppression d'emplois en France."

Pascal Samama avec AFP