BFM Business

Qui est ce "médiateur covid" dont les commerces des Alpes-Maritimes vont devoir se doter?

Image d'illustration - Un client masqué devant une vitrine de magasin

Image d'illustration - Un client masqué devant une vitrine de magasin - DANIEL LEAL-OLIVAS © 2019 AFP

Les commerces dont la superficie est comprise entre 400 et 4999 mètres carrés pourront rester ouverts malgré les nouvelles mesures annoncées. Mais ils subiront de nouvelles obligations, dont celle de nommer un "médiateur covid".

La flambée des contaminations dans les Alpes Maritimes a pour conséquence la mise n place de nouvelles restrictions comme la fermeture dès ce mardi et pour 15 jours des commerces et galeries commerciales de plus de 5.000 m2, à l'exception des commerces alimentaires, des pharmacies et "de tout ce qui touche au domaine de la santé".

Pour les commerces de plus de 400m2, la jauge passera de 10 à 15 m2 par visiteur et ces magasins qui restent ouverts devront faire respecter l'usage des gestes barrière.

Dans un commerce, même si la jauge est respectée, il n'est pas acceptable que des clients s'aglutinent devant les étals ou portent leurs masques de manière relâchée. Il est donc demandé aux exploitants des commerces et notamment aux plus grands d'entre-eux de se doter d'un médiateur covid qui invitera les clients au respect des règles", annonce Bernard Gonzales, le préfet des Alpes Maritimes.

Une mission qui pourra être confiée à un salarié...

Une annonce qui pose beaucoup de questions et dont le principe n'a pas encore été détaillé. Interrogée par nos soins, la Chambre de commerce et d'industrie du département nous indique "ne pas encore connaître" le cadre de cette nouvelle obligation qui vient s'ajouter à une liste déjà longue.

Tout porte néanmoins à croire que ce médiateur ressemblera fort au "référent covid" qui est un salarié de l'entreprise. "Depuis le 1 septembre toutes les entreprises doivent nommer un référent covid. Il est en charge de la sécurité sanitaire des salariés et doit veiller à la bonne application du protocole sanitaire dans vos locaux". Ce salarié doit avoir reçu reçu une formation dédiée en e-learning et en distanciel.

Mais il y a aussi le "médiateur" covid. CentreInffo, une association sous tutelle du ministère en charge de la Formation professionnelle, explique ainsi que ce médiateur "concoure, sous la responsabilité d’un professionnel de santé (médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, masseur-kinésithérapeute ou infirmier) aux actions de prévention et de limitation des conséquences de l’épidémie de covid-19 sous trois axes: tester, sensibiliser et tracer".

Deux formations correspondant aux missions de ces médiateurs sont obligatoires: une formation "Tester et sensibiliser" et une formation "Contact-tracing".

Si la formation "Tester et sensibiliser" prévoit bien la "dispensation de conseils de prévention individuelle adaptés aux situations de vie des personnes concernées (mesures de prévention et promotion des gestes barrières)", elle inclut également "les connaissances indispensables à la réalisation de prélèvements nasopahryngés, oropharyngés et salivaires, l'analyse du test antigénique, le rendu des résultats".

Pour autant, il n'a jamais été évoqué que le médiateur covid présent dans les commerces du département soit en charge de ces tests, le préfet ayant uniquement parlé de sensibilisation et de rappels des règles sanitaires en vigueur.

...qui devra valider une formation dédiée

"Ces formations sont constituées d’un enseignement théorique en ligne et d’un enseignement pratique en présentiel, dont le contenu est fixé par l’arrêté du 24 décembre 2020".

"Ces missions de médiation ne peuvent être exercées que sous réserve d’avoir validé une formation préalable. La validation de la formation des médiateurs de lutte anti-Covid-19 conduit à la délivrance d’une attestation", peut-on lire.

Les commerces concernés devront donc a priori affecter ce rôle à un de leurs salariés qui devra donc être formé pour cette mission qu'il s'agisse du "référent" ou du "médiateur" covid. Si le commerce ne comporte qu'un salarié, le gérant, il devrait pouvoir lui même assurer cette fonction, si encore une fois il a reçu une formation.

Cette contrainte aura néanmoins un coût: en temps et en ressource: le salarié concerné sera absent pendant la formation et sera forcément moins disponible pour d'autres tâches.

La CCI du département nous indique ne pas encore avoir eu de réponse "sur l'accompagnement" envisagé.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business