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Entreprise : quels risques liés à la surévaluation ?

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La surévaluation d’une entreprise consiste à lui attribuer un prix bien plus élevé que sa valeur réelle. Si une estimation excessive est assez commune dans le cas d’une cession ou d’une levée de fonds, elle peut néanmoins avoir de graves conséquences pour les investisseurs, le repreneur ou la société elle-même.

L’évaluation financière d’une entreprise consiste à lui attribuer une valeur marchande. Pour mener cette appréciation de façon juste et pertinente, il existe plusieurs méthodes de calculs selon le secteur d’activité, sa rentabilité, ses potentialités ou son historique. En général, il est conseillé de s’appuyer sur différentes analyses conduites avec différentes méthodes afin de trouver une valeur d’équilibre difficilement contestable. Certains organismes sont d’ailleurs spécialisés dans l’audit financier et peuvent mener ce type de travail. Il est toujours bien vu de faire appel à un organisme extérieur, ce qui permet d’afficher un prix légitime établi par des experts en la matière.

Dans certains cas - une levée de fonds ou une cession -, il peut être très tentant de surévaluer son affaire afin d’obtenir le plus grand nombre de financements possibles ou de vendre au prix le plus élevé possible. Une grave erreur qui peut entraîner de fâcheuses conséquences pour le gérant comme pour la société.

Première conséquence directe d’une appréciation excessive : la difficulté à trouver des investisseurs ou des associés. Dans le cas d’une levée de fonds, la société cherche à obtenir des financements auprès de personnes tierces. En contrepartie, les investisseurs entrent au capital de l’organisation, c’est-à-dire qu’ils deviennent copropriétaires de l’affaire. Dans ce cas précis, la valorisation est fondamentale puisqu’elle conditionne le prix de la participation. Plus la valeur est élevée, plus il est difficile de s’offrir des parts sociales. Il faudra donc débourser de grandes sommes d’argent pour obtenir une participation modeste dans la société. Ainsi, une société surestimée pourra décourager les investisseurs et associés potentiels et freiner ainsi son développement.

Dans le cas d’une vente, le prix de l’entreprise est décisif. Les acheteurs souhaitent acquérir une affaire au juste prix et ils auront bien souvent des réticences à la surpayer. Une surévaluation décourage les acquéreurs et implique souvent une longue période d’attente qui n’est pas favorable au vendeur. Comme tous les biens qui restent longtemps sur le marché, une entreprise difficile à céder deviendra vite douteuse. Attention ! Si un cédant surévalue volontairement son affaire, qu’il « gonfle » les chiffres de la société ou qu’il détient des informations capitales qui ont été volontairement dissimulées à l’acheteur, le repreneur pourra saisir la justice et exiger des compensations financières.

Une trop forte estimation est souvent le résultat d’un prévisionnel bien supérieur à la réalité. S’il est important d’intégrer toutes les potentialités pour évaluer son affaire, il faut rester mesuré pour ne pas faire face à d’éventuelles difficultés financières. En effet, les projections trop élevées laissent entrevoir des marges de manœuvre trompeuses pour le dirigeant. Celui-ci pourra être tenté d’embaucher, d’effectuer des investissements importants ou de gérer son établissement conformément à ces nouvelles capacités. En constituant ce budget trompeur, la société peut vite se trouver dans une situation délicate avec une trésorerie qui ne pourra plus assurer le rythme de vie de la société. Cette situation est d’autant plus gênante qu’elle poussera l’entrepreneur à trouver des financements alternatifs dans la précipitation afin de combler ses besoins, un geste qui sera très mal perçu par les associés ou les salariés.

Cet article n'a pas été rédigé par les journalistes de BFM Business

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