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Pourquoi l'économie mondiale a du plomb dans l'aile

La croissance planétaire tourne moins vite

La croissance planétaire tourne moins vite - Shellby H - Wikimedia Commons - CC

La croissance mondiale ne devrait s'élever, en 2016, qu'à +2,4%, selon Euler Hermès, le plus faible chiffre depuis 2009 et la crise financière. La faute à plusieurs chocs dont le Brexit, la Chine et la baisse des prix du pétrole.

L'économie mondiale tourne plus que jamais au ralenti. Selon une étude de l'assureur-crédit Euler Hermès publiée ce jeudi 1er septembre, sa croissance n'atteindrait en 2016 que 2,4%. Il s'agit du plus faible chiffre depuis 2009, année où les effets de la crise financière ont atteint leur paroxysme.

Pourtant, il n'y a pas eu d'événement comparable à la faillite de la banque Lehman Brothers. Mais Euler Hermès liste trois "grands chocs" qui affaiblissent la croissance cette année.

Trois chocs

Le premier est la peur d'un "atterrissage brutal" de la Chine. Cette crainte continue de hanter les marchés financiers, même si le pire avait été atteint il y a un an, lorsque le CAC40 avait perdu plus de 5%, le 24 août 2015. La deuxième économie mondiale tente depuis plusieurs années de rééquilibrer son modèle économique en le tournant davantage vers la consommation et moins sur l'investissement et le commerce extérieur. Une démarche risquée.

"Il est indéniable qu'il y a un ralentissement. Et d'une certaine manière c'est sain. Mais il est sûr qu'un ralentissement trop prononcé peut être déstabilisateur", affirmait en février à BFMBusiness.com Christian Déséglise, responsable de la division banques centrales chez HSBC.

La chute des prix du pétrole constitue le deuxième élément. Certes, la baisse des prix du baril constitue une aubaine pour les pays importateurs. La France, par exemple, a enregistré un surplus de croissance de 0,4% de PIB grâce à la dégringolade des prix de l'or noir en 2015, selon l'Insee. Mais les pays producteurs, eux, souffrent. En témoigne le Venezuela où le pétrole représente 95% des exportations. Le FMI s'attend à ce que le pays connaisse une récession de 10% cette année!

D'autres craintes à venir

Enfin, le troisième et dernier choc est le Brexit et ses premiers effets. En juillet dernier, le FMI avait abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2016 de 0,1% à la suite de cet événement mais prévenait que l'impact pourrait aller jusqu'à 0,4%, selon le scénario le plus pessimiste.

"Ces chocs continuent d’affecter l’économie mondiale, et d’autres chocs sont à prévoir, s’avérant préoccupants pour notre économie: les difficultés rencontrées par le secteur bancaire italien, la situation actuelle en Turquie après la tentative de coup d’État, ou encore les élections américaines", considère Ludovic Subran, le chef économiste d'Euler Hermès. L'assureur-crédit n'attend, par ailleurs, pas de miracle pour 2017 avec une croissance mondiale de 2,7%.

J.M.