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Plusieurs organisations patronales réclament un assouplissement des protocoles sanitaires

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- - Miguel Medina - AFP

Le Medef et d'autres organisations représentant le patronat appellent le gouvernement à accélérer le déconfinement des entreprises, et pour ce faire, à réviser les protocoles sanitaires qui s’y appliquent.

Le patronat appelle le gouvernement à accélérer le déconfinement des entreprises. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lui demande ainsi de "réviser les protocoles sanitaires s'appliquant en entreprise" pour permettre un "retour à la normale" rapide.

"L'exécutif doit dire aux Français: il est temps, tout en respectant les gestes barrières, de retourner travailler et consommer. Soyons clairs: nous attendons l'équivalent du ‘Restez chez vous’ du mois de mars", déclare Geoffroy Roux de Bézieux dans une interview aux Echos de mercredi.

Pour lui, "une parole publique forte est indispensable pour que les deux étapes du 15 juin -réouverture des frontières- et du 22 juin -nouvelle phase de déconfinement- soient le signal d'un retour vers la normale".

Se basant sur une certaine "confiance" des consommateurs, même si elle n'est pas perceptible dans tous les secteurs, le responsable patronal, qui dit refuser de considérer "les destructions massives d'emplois comme acquises", espère ainsi arriver à une "reprise plus rapide".

Conserver le chômage partiel

Pour y parvenir, il demande une révision et un allègement "des soixante protocoles sanitaires mis en place dans l'urgence pendant le confinement pour les entreprises", qui génèrent selon lui des surcoûts de 10 à 15% pour les entreprises.

"Il est clair que le chômage partiel pour garde d'enfants reste très important" ajoute-t-il. "Quand le Conseil scientifique dit qu'il faut alléger les protocoles sanitaires à l'école, je l'entends", souligne Geoffroy Roux de Bézieux en estimant que les textes français sont "trois ou quatre fois plus touffus" que dans les pays voisins pour "les mêmes gestes barrières".

Même écho de la part de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). “Si vous ajoutez aux déclarations du président du Conseil scientifique le cas de la SNCF qui pour des raisons économiques peut désormais vendre tous ses billets et non plus un sur deux, nos entreprises ne comprennent pas pourquoi elles sont les seules à devoir encore respecter les règles de distanciation sociale”, plaide son dirigeant, Jean Eudes du Mesnil, dans Le Figaro.

L’U2P, qui parle pour les TPE et les commerçants, est plus pondérée. Elle reconnaît que ces bonnes pratiques ont permis de faire refluer le virus, mais elle pointe certaines incohérences. “Les grandes surfaces ont pu vendre du muguet, mais pas les fleuristes. Les particuliers ont pu venir chercher des animaux à la SPA, mais pas chez un éleveur privé”, relève son président, Alain Griset.

Nina Godart avec AFP