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Plan de relance européen: Emmanuel Macron s'impatiente

Emmanuel Macron, le 8 septembre dernier

Emmanuel Macron, le 8 septembre dernier - JEFF PACHOUD / POOL / AFP

Le président français a appelé vendredi à un "esprit de compromis" pour débloquer les négociations sur le budget et le plan de relance européens, à l'issue du sommet des Vingt-Sept à Bruxelles.

"Il est important que nous travaillions tous ensemble à bâtir les conditions d'un accord le plus rapide possible", a t-il déclaré alors que le budget de l'UE 2021-2027 sur lequel s'adosse le plan de relance post-Covid est au coeur d'âpres pourparlers entre le Parlement européen et les Etats membres.

"Il est important que nous travaillions tous ensemble à bâtir les conditions d'un accord le plus rapide possible", a insisté le président français en conférence de presse.

Les dirigeants européens ont approuvé en juillet un plan de relance de 750 milliards d'euros pour sortir de la crise économique provoquée par le coronavirus. Ce plan est adossé à un budget européen de 1.074 milliards d'euros pour 2021-2027, actuellement suspendu au feu vert des eurodéputés.

"Des voix s'expriment, elles sont légitimes, je respecte beaucoup le Parlement", mais si en cherchant à améliorer l'accord "historique" de juillet, "c'est fragiliser cet accord, on ne va pas dans le bon sens et on prend des risques", a averti Emmanuel Macron.

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont rencontré jeudi le président du Parlement européen, l'Italien David Sassoli, qui a fait état de négociations "au point mort" sur le budget pluriannuel, faute de "petit pas" de la part des Etats.

Le temps presse

Or, le temps presse, a estimé Emmanuel Macron: "le monde nous regarde, en particulier les marchés financiers" dans un contexte économique très morose, et face à la deuxième vague de l'épidémie, "il est vraisembable que nous aurons à redéfinir une réponse orchestrée". "Le moment est plutôt à l'esprit de compromis entre les institutions", a-t-il lancé.

Les eurodéputés ont voté mi-septembre afin de permettre à Bruxelles d'emprunter sur les marchés pour financer le plan de relance et procéder à un endettement commun. Cette décision doit désormais être confirmée par les Etats puis ratifiée par tous les parlements nationaux.

En revanche, les eurodéputés discutent toujours du budget pluriannuel, dont ils jugent le montant insuffisant: ils réclament 39 milliards supplémentaires pour les programmes phares de l'UE, dans l'éducation ou la recherche.

Ils exigent également un calendrier contraignant sur l'introduction de nouvelles sources de revenus pour l'UE, ainsi qu'un mécanisme dissuasif pour conditionner les subventions européennes au respect de l'Etat de droit.

Particulièrement visées, Pologne et Hongrie s'y opposent, et refusent pour cette raison de donner leur feu vert au plan de financement du plan de relance -- empêchant d'entamer sa ratification par les parlements nationaux.

OC avec AFP