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Laurent Saint-Martin: "Les seuls impôts qui bougeront seront à la baisse"

Invité du Grand journal de l'éco, le rapporteur du budget à l'Assemblée nationale confirme la "priorité au rebond" quitte à hisser la dette publique à 120% du PIB.

Alors que la croissance française devrait se contracter de 11% cette année, la priorité du gouvernement est celle des conditions du rebond en 2021 qui seront au coeur du plan de relance de 100 milliards d'euros qui sera présenté la semaine prochaine.

L'objectif: atteindre une croissance de +8% l'an prochain, selon Laurent Saint-Martin, député LREM et rapporteur du budget à l'Assemblée nationale. Et pour le gouvernement, hors de question d'alimenter cette croissance par des hausses d'impôts.

"Nous n'augmenterons pas les impôts des Français pour faire face à cette crise, ça serait irresponsable et ça serait surtout contre-productif pendant la reprise", indique-t-il au Grand journal de l'éco sur BFM Business.

10 milliards de moins d'impôts de production

Et de marteler: "les seuls impôts qui bougeront seront à la baisse, il n'y aura pas de hausses des prélèvements obligatoires, ni sur les entreprises ni sur les ménages".

"Ce qu'il y aura, c'est 10 milliards d'euros par an de baisses d'impôts de production pour les entreprises, ce qu'il y aura c'est la baisse de l'impôt sur les sociétés jusqu'en 2022 pour atteindre 25% (...) et puis pour les ménages: la fin de la taxe d'habitation pour tous en 2023", poursuit le rapporteur.

Concernant la baisse très attendue par les entreprises des impôts de production, Laurent Saint-Martin confirme que "le plus gros sera sur la CVAE" même si d'autres impôts de production seront concernés "nous verrons quels seront les dosages précis".

Compétitivité

Par ailleurs, "les régions (à qui profitent ces fameux impôts, NDLR) seront compensées par une fraction de la TVA (...) les régions sont d'accord avec ce principe et ce qui compte derrière c'est que ensemble régions et Etat main dans la main, la priorité c'est la compétitivité de nos entreprises".

Ces choix budgétaires auront évidemment un coût important pour les finances publiques: "nous estimons la fin de l'année 2020 un endettement public à hauteur de 120% du PIB". Et cette prévision pourrait monter dans le 4e projet de loi de finances rectificative attendu en fin d'année.

Olivier Chicheportiche