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Pauvreté: les jeunes sont les premières victimes de la crise sanitaire

En France, plus de la moitié des pauvres ont moins de 30 ans

En France, plus de la moitié des pauvres ont moins de 30 ans - Pexels

Selon un rapport de l'Observatoire des inégalités, les moins de 30 ans seront les premières victimes économiques de la crise sanitaire.

La crise économique engendrée par le coronavirus risque plus fortement d'aggraver la précarité des moins de 30 ans, qui représentent déjà près de la moitié des pauvres en France, selon un rapport de l'Observatoire des inégalités.

"Les personnes âgées ont payé les plus lourdes conséquences du coronavirus en matière de santé, les jeunes vont subir l'essentiel de ses retombées économiques", a déclaré jeudi Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, lors d'une présentation de la deuxième édition du "Rapport sur la pauvreté".

Difficultés de formation, d'insertion dans un marché du travail déprimé et où les entreprises sont dans l'incertitude quant à leur avenir, précarité plus importante des parents: les jeunes sont "les principales victimes de cette situation", a souligné M. Maurin, comme l'ont déjà fait avant lui ces dernières semaines de nombreuses associations, notamment d'aide alimentaire.

Un niveau de vie "deux fois inférieur"

Cet observatoire indépendant a adopté depuis plusieurs années une définition plus restrictive de la pauvreté, en la situant sous le seuil de 50% du revenu médian (contre 60% pour les organismes officiels), selon elle "plus proche de la réalité".

Ainsi, selon cette définition, en 2018 - dernière année connue - on comptait 5,3 millions de pauvres vivant avec moins de 885 euros par mois, soit 8,3% de la population.

Parmi eux, plus de la moitié (52%) étaient âgés de moins de 30 ans, dont un tiers étaient des enfants et des adolescents grandissant dans une famille pauvre, relève l'Observatoire. Anne Brunner, qui a dirigé ce travail, rappelle que le niveau de vie médian des jeunes "est deux fois inférieur au niveau de vie des Français".

Pour atténuer les effets de la crise, l'Observatoire plaide pour l'instauration d'un revenu minimum unique qui "garantirait la sortie de la pauvreté". Versé sous conditions de ressources et ouvert aux jeunes, il atteindrait 900 euros mensuels après versement des aides sociales. Son coût est estimé entre 7 et 10 milliards d'euros.

"Cela équivaut à la moitié de la baisse de la taxe d'habitation ou à 10% du plan du relance. Ce sont des choix politiques", a fait valoir M. Maurin.

Le Premier ministre a annoncé jeudi l'extension en 2021 de la Garantie jeunes à 200.000 bénéficiaires. Une aide exceptionnelle de 150 euros doit par ailleurs être versée vendredi à quelque 400.000 jeunes bénéficiaires des APL ou boursiers.

PS avec AFP