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SFR: La tension monte avant la réunion du conseil de Vivendi

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PARIS (Dow Jones)--La tension monte autour de SFR, la filiale de télécommunications de Vivendi (VIV.FR). Le conseil de surveillance du groupe de médias doit se réunir vendredi pour décider de l'avenir de SFR et les deux candidats au rachat, Alti

PARIS (Dow Jones)--La tension monte autour de SFR, la filiale de télécommunications de Vivendi (VIV.FR).

Le conseil de surveillance du groupe de médias doit se réunir vendredi pour décider de l'avenir de SFR et les deux candidats au rachat, Altice et Bouygues (EN.FR), envisagent des changements de dernière minute, ce qui pourrait relancer la bataille d'offres.

"Il y a beaucoup de pressions sur le conseil", a indiqué une personne proche du conseil de surveillance. "Le conseil aimerait conclure, mais la question est: va-t-il pouvoir le faire?"

Altice, la maison mère du câblo-opérateur Numericable (NUM.FR), et Bouygues ont déposé des offres rivales sur SFR début mars et les ont améliorées avant que le conseil de surveillance de Vivendi décide, le 14 mars, d'engager des négociations exclusives avec Altice.

Altice pourrait modifier son offre

Une personne proche d'Altice a déclaré mercredi que des modifications de dernières minutes de l'offre pour SFR demeuraient une possibilité. La phase de négociations exclusives avec Vivendi se termine vendredi. Un porte-parole d'Altice a indiqué jeudi que la société travaillait efficacement avec Vivendi et que Patrick Drahi, le patron du câblo-opérateur, était serein.

Bien que son offre ait été rejetée par le groupe de médias, Bouygues refuse de jeter l'éponge. Il a finalement fait une nouvelle offre, comprenant une composante en numéraire plus élevée que dans sa précédente proposition, et presse Vivendi de l'examiner.

Ce dernier s'en est jusqu'à présent tenu à l'accord d'exclusivité conclu avec Altice, qui le contraint, expliquent des avocats, à négocier "de bonne foi" avec le câblo-opérateur et à ne pas engager de pourparlers avec une tierce partie.

L'issue de la réunion est incertaine

Plusieurs options sont possibles vendredi, selon les avocats et les analystes. Le conseil de surveillance pourrait décider de conclure avec Altice, il pourrait se donner davantage de temps pour examiner l'offre de Bouygues et reporter sa décision définitive à une date ultérieure, ou il pourrait rouvrir le processus d'offres avec les deux parties.

"Il est impossible de prévoir mais je trouve difficile d'imaginer que Vivendi puisse prendre une décision définitive vendredi", note Samuel McHugh, analyste chez Bernstein Research.

L'offre d'Altice prévoit le paiement à Vivendi de 11,75 milliards d'euros en numéraire et l'attribution d'une participation de 32% dans l'entité issue de la fusion entre Numericable et SFR.

Bouygues maintient ses deux offres

Bouygues a de son côté maintenu ses deux offres du 12 et du 20 mars dernier pour SFR, donnant la possibilité à Vivendi de choisir entre davantage de numéraire ou une participation plus élevée dans le nouvel ensemble. Son offre initiale comportait 11,3 milliards d'euros en numéraire et 43% de la nouvelle entité SFR-Bouygues Telecom pour Vivendi. La proposition révisée le 20 mars, qui inclut 13,15 milliards d'euros en numéraire et 21,5% du nouvel ensemble pour Vivendi, reste également sur la table.

Le conseil de Vivendi prendra en compte plusieurs critères dont la faisabilité de la transaction, le montant en numéraire offert, la liquidité de la participation proposée dans la future entité, la valeur globale de la transaction et l'impact sur l'emploi, ont noté des personnes proches du dossier. Il reste toutefois à déterminer quels critères prendront le dessus.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) et les actionnaires minoritaires français ont critiqué le manque de transparence du processus de cession.

Pour Johann Lissowki, avocat français spécialisé dans la réglementation des marchés financiers, deux conceptions s'opposent: d'un côté, l'AMF a raison d'exiger plus de transparence, et de l'autre, le principe de confidentialité doit s'appliquer lorsque deux entreprises sont impliquées dans un rapprochement.

-Ruth Bender, The Wall Street Journal

(Version française Valérie Venck et Céline Fabre)

(END) Dow Jones Newswires

April 03, 2014 13:37 ET (17:37 GMT)

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