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Immobilier: les prix baissent toujours en Ile-de-France

A Paris, les prix poursuivent leur baisse.

A Paris, les prix poursuivent leur baisse. - Bertrand Guay - AFP

A Paris, le mètre carré a reculé au premier trimestre de près de 3% par rapport à l'an passé. Le marché reste soutenu par la demande des étrangers. Les acquéreurs non-français représentent près d'une transaction sur dix.

Une baisse "lente et sérieuse". Les prix de l'ancien continuent à se contracter sur un an en Ile-de-France, observe la chambre des notaires de Paris et Île-de-France. Dans la capitale, les prix ont reculé de 2,9% au premier trimestre et atteignent désormais 7.910 euros le mètre carré. Un niveau qui pourrait encore évoluer en dent de scie.

D'après les indicateurs avancés sur les prix issus des avant-contrats, il devrait atteindre 7.950 euros en juillet. Mais que l'on ne s'y trompe pas, préviennent les notaires: "la très légère hausse saisonnière prévue en juillet n'infléchira pas l'érosion annuelle des prix qui resterait à -2,9 %".

La grande couronne résiste

Cette tendance est encore plus prononcée pour les appartements en petite couronne, où les prix diminuent de 2% sur un an, contre 1% pour la grande couronne. La baisse pourrait même s’amplifier au deuxième trimestre: -3,3% au niveau régional et jusqu'à -3,6% dans le Val-de-Marne. Seules les maisons résistent, en grande couronne, "marché qui a le moins baissé", affichant un repli de 1% sur un an. Le prix unitaire d'une maison ancienne devrait s'établir à 271.100 euros en juillet sur l'ensemble de la grande couronne.

Les disparités du marché ne sont pas seulement territoriales. Les notaires constatent ainsi une importante différence d'évolution en fonction du type de biens: les petits logements résistent, contrairement aux grands appartements, qui subissent de plein fouet l'érosion des prix au premier trimestre 2015.

-21 % comparé à la période de haute activité

Les ventes, elles, restent faibles: 87.000 appartements anciens ont changé de mains du 2e trimestre 2014 au 1er trimestre 2015, un niveau d'activité en recul de 6% par rapport aux 12 mois précédents, "et de 21% comparé au volume observé en moyenne pendant la période de haute activité 1999-2007, selon les notaires. "Les ventes restent entravées par de trop nombreuses contraintes. (...) La complexité nouvelle du processus d’achat, ses nombreuses étapes et les délais supplémentaires qui en résultent, découragent une demande déjà hésitante et fragilisent la signature des avant- contrats", concluent-ils.

Les étrangers de plus en plus présents

Pourtant, les étrangers sont plus que jamais présents. Au premier trimestre 2015, ils représentaient près d'un acheteur sur dix dans la capitale et ses alentours (9,2% des transactions à Paris contre 8,2% l'an dernier, 11,2% en petite couronne et 7,4% en grande couronne.

Du côté des nationalités, les Italiens sont les étrangers qui investissent le plus dans la pierre à Paris (16,6% des transactions), suivis par des Britanniques (6,6%) "qui avaient un peu disparu ces derniers temps" et qui profitent de la baisse de l'euro face à la livre sterling. "Les Libanais sont eux aussi de retour. Ils font le pari d'acheter à des prix plus bas qu'il y a quelques années... et ils parient aussi sur un changement de président" de la République en 2017, qui se traduirait par une politique plus favorable à l'immobilier, a affirmé Thierry Delesalle, notaire à Paris.

En petite couronne, les étrangers les plus présents sur le marché sont les Chinois (23,6% des acquéreurs) suivis par les Portugais (13,5%). En grande couronne, les Portugais (26,5%) devancent les Algériens (10,2%). A l'échelle de l'Ile-de-France entière, les Portugais sont les acquéreurs étrangers les plus présents (14,5%) suivis de près par les Chinois (14,3%).

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Les prix de l'immobilier remontent en province

Les prix des logements anciens affichent une hausse de 0,3% au premier trimestre en France, selon l'indice Notaires-Insee, même s'ils restent en baisse de 1,9% sur un an. Un "léger rebond" attribué à la hausse des prix des maisons (+0,6%, après -1,6%). En province, les prix augmentent ainsi "légèrement" au début de l'année (+0,6%), "après une forte baisse au quatrième trimestre 2014 (1,5 %) ".

A noter que le mouvement porte tant sur les maisons (+0,7%) que sur les appartements (+0,4%). L'Ile-de-France est enfin à la traîne, affichant un repli de 0,4% sur trois mois, et de 2,1% sur un an.

Léo Monégier