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Pannier Runacher: "Si le transfert des salariés polonais de PSA n'est pas conforme, nous l'arrêterons"

"La ministre du travail suit le dossier" a expliqué la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, invitée du BFMTV et RMC, à propos du transfert des salariés polonais de PSA sur son usine d'Hordain dans le Nord. "Nous l'arrêterons si ce n'est pas conforme à la législation" a-t-elle ajouté.

Invitée de BFMTV et de RMC, Agnès Pannier Runacher a commenté l'annonce faite par le groupe automobile PSA de faire venir ses salariés d'une usine polonaise pour renforcer son site d'Hordain (Nord). Cette usine, proche de Valenciennes, produit notamment pour les marques Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall et Toyota, des véhicules utilitaires légers.

"Soit c'est effectivement dans les règles du jeu des travailleurs détachés et c'est extrêmement contrôlé. Ce sont alors les salariés polonais de PSA au même titre que les salariés français et c'est OK. Soit, c'est une manière détournée d'utiliser du chômage partiel et de ne pas employer d'autres personnes et dans ce cas là ce n'est pas acceptable" a déclaré la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances.

"Muriel Pénicaud (la ministre du Travail, NDLR) est en train de regarder et nous serons vigilants. Nous regardons le dossier, pas pour simplement le regarder, mais pour éventuellement arrêter ce transfert si ce n'est pas conforme à la législation" a-t-elle ajouté. 

"PSA a reçu des aides publiques mais il est responsable vis-à-vis de ses salariés qu'ils soient Français, Polonais ou Espagnols. Je vais me mettre à la place des salariés de PSA. Si j'étais un salarié français et si mon site était fermé et si PSA me proposait de travailler sur un site allemand, je serai très content. Ce qui serait inadmissible c'est que PSA profite du chômage partiel d'un côté et fasse venir des salariés de l'autre pour essayer d'équilibrer et ne respecte pas les règles du travailleur détaché" a prévenu Agnès Pannier Runacher.

Un premier contingent de 120 Polonais doit arriver

Hier, jeudi 11 juin, PSA a précisé que la semaine prochaine, un "premier contingent" de 120 Polonais de l'usine de Gliwice -produisant des Opel Astra - va arriver, puis 150 autres salariés les rejoindront la semaine suivante, tous pour une mission de trois mois, logés par l'entreprise dans la région et payés selon la convention collective française du secteur. 

L'objectif est d'arriver à 531 personnes de plus, pour produire à partir de début juillet en trois équipes (matin, après-midi et nuit), contre deux actuellement, et honorer les commandes en attente d'environ 30.000 utilitaires.

"Le groupe choisit de donner de l'activité à ses salariés", justifie PSA, alors que 80% des employés de l'usine polonaise, qui reprend "progressivement", seraient en activité partielle. "Le redémarrage ne se fait pas au même niveau sur tous les sites".

Frédéric Bergé