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Nokia, Celio, La Halle... Alerte sur l'emploi en France

Le finlandais Nokia a annoncé la suppression en France de 1.233 emplois, soit un tiers des effectifs de l'entreprise dans l'Hexagone. Les mauvaises nouvelles se multiplient sur le front de l'emploi.

Les syndicats parlent de "catastrophe". Nokia veut se séparer d'un salarié sur trois en France. C'est le quatrième plan de départ depuis que le groupe finlandais a racheté en 2016 le franco-américain Alcatel-Lucent. Si ce plan est confirmé, ce seront 2500 postes qui auront disparu en 4 ans.

C'est dans les services de recherche et développement que le groupe télécom compte tailler. 402 postes sur le site historique de Lannion dans les Côtes-d'Armor et 831 sur celui de Nozay dans l'Essonne.

C'est un plan qui s'inscrit dans un cadre plus global de réduction des coûts lancé par Nokia fin 2018. Le groupe finlandais qui ne fabrique plus de téléphones mobiles s'est recentré sur les antennes 4G et 5G. Un marché sur lequel il est distancé par le chinois Huawei et le suédois Ericsson, plus compétitifs. En un an, le groupe a perdu plus de 1 point de part de marché, passant de 20 à 18,8% au niveau mondial.

Quand Emmanuel Macron vantait une "bonne opération"

Des déboires qui embarrassent le gouvernement. Bercy a rapidement réagi en demandant au groupe finlandais "d'améliorer très significativement son plan". Surtout cette énième suppression d'emplois est un caillou dans la chaussure d'Emmanuel Macron. C'est lorsqu'il était ministre de l'Economie que le groupe finlandais avait racheté le français Alcatel-Lucent.
"C’est une bonne opération pour Alcatel-Lucent, avait à l'époque commenté l'actuel présodent de la République. Parce que c’est une opération d’avenir." Quatre ans après et déjà 1300 postes supprimés, les salariés ont déchanté.


Une annonce qui sonne comme une mauvaise nouvelle de plus sur le front de l'emploi en France. Car même si les déboires de Nokia ne sont pas vraiment la conséquence de la crise du coronavirus, le plan vient assombrir un peu plus le tableau économique. Les annonces de suppressions de postes se multiplient depuis la sortie du confinement: Renault, Air France, Airbus ou encore l'enseigne de textile La Halle placé en redressement judiciaire et qui devrait fermer plus de 200 magasins, Celio placé en procédure de sauvegarde et qui emploie 4000 personnes ou encore Camaïeu elle aussi placé en redressement judiciaire.

Pour le moment, ce sont les groupes industriels particulièrement concernés par le confinement et les enseignes de magasins fragiles qui montrent de grandes difficultés. Des déroutes spectaculaires qui pourraient entraîner l'ensemble de l'économie par effet domino. En 2020, ce sont 800.000 emplois qui devraient être supprimés en France selon les prévisions du gouvernement.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco