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Malgré la crise, les entreprises ne vont pas geler les salaires

Après des budgets d’augmentation en hausse de 2,2 % en 2020, les entreprises prévoient des revalorisations de 2% des salaires en 2021, selon une étude Mercer. Et le versement de la prime Macron continue à augmenter le pouvoir d’achat.

Pour le moment, la crise sanitaire n’a pas vraiment d’impact sur la politique de rémunération des entreprises. 59 % de celles qui ont été interrogées par le cabinet Mercer déclarent que la pandémie n’a pas affecté les augmentations de salaire prévues pour 2020. Le calendrier est pour beaucoup dans cette décision, car le confinement est intervenu avec les décisions de revalorisation des salaires.

Le budget d’augmentation a ainsi été revalorisé de 2,2% cette année, soit 0,2 point de moins que ce qu’avaient prévu de faire les entreprises interrogées en 2019 sur leurs projets.

"Un taux finalement assez élevé au regard de la crise qui se situe certes en-dessous de celui de 2019 (2,3%) mais au-dessus de celui de 2018 (2,1%)", analyse les experts du cabinet Mercer.
Les budgets d'augmentations
Les budgets d'augmentations © Mercer

Les entreprises semblent avoir retenu les leçons de la précédente crise de 2008 et optent pour une sélectivité accrue des augmentations plutôt qu’un gel systématique des salaires, met en avant le cabinet spécialisé dans la stratégie d'entreprise et de gestion des ressources humaines. Aussi, 28% des décideurs sondés ont choisi de réduire, reporter ou annuler les augmentations individuelles, et 20% ont pris la décision de réduire la rémunération variable court terme, et 16% ont tout bonnement choisi de les supprimer.

Une prime de près de 600 euros en moyenne

Les salariés ont également pu bénéficier d’une augmentation ou d’un maintien de leur pouvoir d’achat grâce à la prime Macron. 54% des entreprises interrogées ont décidé d’utiliser encore ce dispositif de gratification en 2020. Parmi elles, 71% avouent qu’elles l’ont versé en réponse à la crise sanitaire, notamment pour remercier les salariés qui ont vu leur condition de travail affectées par l’épidémie. Le montant moyen est de 590 euros.

Pour l’année prochaine, c’est l’incertitude qui règne encore. L’activité risque d’être plus sérieusement affectée par la crise en 2021, mais les entreprises ne sont pas encore toute décidées à couper les vannes des augmentations. Les budgets vont continuer d’augmenter de 2% selon leurs prévisions. Les décideurs ont conscience de la nécessité de retenir ou d’attirer les meilleurs éléments et de conserver les compétences essentielles à la reprise d’activité.

Des gratifications autres que monétaires

Mais les entreprises seront tout de même plus nombreuses à prévoir un gel des salaires (13,2% contre 11,3% en 2020). Mais on est encore loin des restrictions mises en place lors de la crise de 2008 où le gel des salaires concernait 38% des entreprises.

Les prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO) sont à suivre de très près. Mais l’argent n’est pas le seul levier à actionner par les entreprises.

"Celles qui voudront se démarquer et profiter du regain de la croissance devront recourir à d’autres moyens de valorisation que le monétaire lors des prochaines NAO. Des sujets cruciaux comme la flexibilité et la qualité de vie au travail pourraient ainsi bénéficier d’une caisse de résonnance plus importante", conseille Bruno Rocquemont, leader de l’activité de Gestion des Talents de Mercer France.
Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco