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Lyon-Turin: le coût pour l'Etat pourrait s'élever entre 3,9 et 6,6 milliards d'euros, selon ses promoteurs

Les ouvriers creusent un tunnel pour la future ligne entre Lyon et Turin.

Les ouvriers creusent un tunnel pour la future ligne entre Lyon et Turin. - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Dans l'hypothèse d'une mise en service de l'ouvrage en 2030, l'État devrait s'acquitter de 200 millions d'euros par an pendant toute la durée du chantier qui pourrait s'achever en 2052.

Le coût total pour l'État de la future ligne ferroviaire Lyon-Turin peut être contenu dans une fourchette de 3,9 milliards à 6,6 milliards d'euros, selon une étude du cabinet Sia Partners mise en avant jeudi par les promoteurs de l'ouvrage.

Ce montant permettrait de réaliser non seulement le tunnel principal sous les Alpes, mais aussi ses voies d'accès côté français, sous réserve de revoir à la baisse certains aspects du projet et de mobiliser des ressources financières additionnelles. Il correspondrait à un coût budgétaire pour l'État limité à 200 millions d'euros par an.

Dans l'hypothèse d'une mise en service de l'ouvrage en 2030, l'État devrait s'acquitter de cette somme chaque année pendant toute la durée du chantier et jusqu'en 2039 dans l'hypothèse la plus optimiste, jusqu'en 2052 dans la plus pessimiste, relève le document diffusé par les défenseurs de la nouvelle ligne regroupés dans l'association La Transalpine.

Une vignette pour les poids lourds

La construction de cet ouvrage, dont près de 20% a déjà été réalisé, cristallise encore nombre d'oppositions, notamment dans le camp écologiste en dépit de son objectif affiché de réduire la circulation automobile dans les Alpes.

Pour tenir le budget, les promoteurs du projet ont fait savoir qu'ils étaient prêts à renoncer à certains ouvrages entre Lyon et le tunnel principal, ramenant ainsi le coût des accès, côté français, de 7,7 à 5 milliards d'euros.

Les hypothèses retenues par le cabinet Sia impliquent aussi une confirmation du relèvement de la participation de l'Union européenne au projet, de 40% du total à 50%, voire 55%, comme l'ont évoqué certains de ses responsables.

Les collectivités, qui s'étaient engagées en 2007 à hauteur d'un milliard d'euros, devront maintenir un niveau élevé de subventions en dépit de leurs contraintes budgétaires et des oppositions locales au projet.

Le bouclage du financement passe aussi par l'imposition d'une vignette aux poids lourds traversant les Alpes (pour un montant allant de 740 à 1.100 millions d'euros), la collecte d'une redevance auprès des futurs usagers (950-1.100 millions d'euros) et des emprunts auprès de la Banque européenne d'investissement (2.000-4.100 millions d'euros).

L'investissement nécessaire à la réalisation de l'ensemble de la liaison entre Lyon et Turin est chiffré par Sia Partners à 18 milliards d'euros.

C.C. avec AFP