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LVMH notifie formellement son projet d'acquisition de Tiffany aux autorités européennes

Une audience sur le sujet doit se tenir lundi 21 septembre devant un tribunal de l'Etat du Delaware où Tiffany a engagé les hostilités contre LVMH.

Une audience sur le sujet doit se tenir lundi 21 septembre devant un tribunal de l'Etat du Delaware où Tiffany a engagé les hostilités contre LVMH. - Martin BUREAU, Vincenzo PINTO © 2019 AFP

Le géant du luxe a notifié officiellement la Commission européenne de son projet de racheter le joaillier américain Tiffany, qui l'accuse d'avoir fait traîner ces démarches et avec qui les fiançailles sont rompues... Un dépôt de pure forme ?

LVMH a reçu l'accord de la Commission européenne pour procéder à la notification officielle du projet d'acquisition de la société Tiffany", a fait savoir le groupe de luxe dans la nuit de vendredi à samedi.

"Conformément à ce qu'elle a toujours affirmé, la société LVMH a déposé son dossier immédiatement après l'obtention de ce feu vert", a ajouté le groupe de Bernard Arnault.

De son côté, le groupe américain de joaillerie s'est dit "enchanté que l'Union européenne ait enfin été notifiée".

"La vitesse avec laquelle LVMH a agi après le dépôt de plainte" aux États-Unis "ne fait que mettre en lumière" le fait que LVMH a traîné et n'a pas respecté l'accord de fusion "au cours des derniers mois", a ajouté Tiffany.

Une audience outre-Atlantique se tient le 21 septembre

Cette annonce survient alors qu'une audience doit se tenir lundi 21 septembre outre-Atlantique devant un tribunal de l'Etat américain du Delaware où Tiffany a engagé les hostilités, depuis que LVMH a déclaré n'être plus en mesure de racheter en l'état le joailler.

LVMH précise avoir déjà obtenu huit des dix autorisations anti-trust requises et espère recevoir celles des autorités de la concurrence de l'Union européenne et de Taïwan "bien avant la date limite du 24 novembre 2020", date à laquelle l'opération était censée être conclue.

Une annonce de pure forme pour LVMH ?

Ce communiqué constitue surtout une annonce de forme, étant donné la rupture consommée des fiançailles entre le groupe de luxe LVMH et le joaillier Tiffany. Annoncé fin 2019, ce rapprochement d'un montant astronomique - 16 milliards de dollars - s'annonçait comme le plus faste du siècle pour le secteur du luxe.

Sauf que le groupe de Bernard Arnault a annoncé la semaine passée n'être "plus en mesure" de racheter "en l'état" Tiffany, arguant d'"une succession d'événements de nature à fragiliser l'opération d'acquisition", et notamment d'une lettre du ministère des Affaires étrangères français demandant au groupe de différer cette acquisition stratégique au 6 janvier 2021.

LVMH a évoqué la "mauvaise foi"de Tiffany

En réaction, Tiffany est passé à l'attaque en engageant une procédure judiciaire aux États-Unis contre le groupe de Bernard Arnault, l'accusant d'avoir fait traîner des démarches réglementaires. Le joaillier américain reproche au groupe de luxe de se livrer à des manoeuvres en vue de ne pas payer le prix prévu pour ce rapprochement.

LVMH s'est pour sa part défendu de ces accusations, évoquant la "mauvaise foi" ou les "mauvais résultats" de sa cible.

La bataille judiciaire entre les deux groupes s'est notamment engagée sur la question des délais, le géant français plaidant pour une procédure normale et le joaillier américain pour une version accélérée.

F.B. avec AFP