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Les grèves dans les ports affectent les supermarchés d'Outre-mer

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- - Denis CHARLET / AFP

Tandis que plusieurs ports français sont en grève, les pénuries commencent à se faire sérieusement sentir outre-mer. Mais tous les produits et tous les territoires ne sont pas touchés de la même manière.

"Chers clients, en raison de mouvements sociaux dans les ports hexagonaux, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer l'ensemble de vos produits habituels". Voilà le message que l’on peut lire dans certaisn rayons des supermarchés antillais. La cause se trouve à plusieurs milliers kilomètres de là: dans les sept "ports morts" de la métropole, où les dockers contestent la réforme des retraites.

En Martinique, quelques conteneurs ont fini par arriver ce vendredi après plusieurs jours d'attente, ce qui a permis de remplir partiellement les rayons. Mais pas de quoi rassurer pleinement les responsables de supermarchés.

Produits frais

Les produits qui deviennent rares, voire en rupture, sont les produits frais comme le lait, yaourts, fromage ou jambon. Mais les difficultés de ravitaillement ont commencé à se faire sentir du côté des produits "secs et liquides", témoigne à l’AFP Jean-Pierre Deguille, co-gérant d'un Super U à Saint-Martin, dans les Caraïbes. Il raconte n’avoir jamais connu de tel problèmes d’approvisionnement. Avec les retards accumulés, le secteur de la grande distribution craint même de recevoir des produits "périmés".

En Nouvelle-Calédonie, en revanche, le syndicat des importateurs et distributeurs (SIDNC) n’a pas observé de "perturbations majeures": "Les produits de grande consommation et de première nécessité sont importés de pays situés dans la région Asie-Pacifique", explique Sylvie Jouault, déléguée générale du SIDNC. Les quelques retards de ravitaillement concernent les matériaux de construction, les emballages ou les produits non sensibles.

Consommer local

Bon point: les produits fabriqués localement connaissent un regain d'intérêt. "Nous connaissons actuellement une augmentation de la demande sur nos produits de l'ordre de 10 à 15%", se réjouit François Ursulet, secrétaire général de Danone qui produit en Martinique. Mais il nuance: "C'est bénéfique oui, mais un opérateur économique ne peut pas se réjouir d'un blocage de port, car nous importons également un certain nombre de matières premières", comme de la poudre de lait pour produire du yaourt.

"Compte tenu de l'éloignement, nous avons des couvertures de stocks de deux à trois mois, mais nous souhaitons que l'activité reprenne", poursuit le représentant de Danone. Or, l'opération "ports morts" devrait se poursuivre la semaine prochaine.

Fanny Guyomard avec AFP