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Les futurs smartphones de la gendarmerie nationale et de la police seront français

Des gendarmes dans leur véhicule à Carbon-Blanc, près de Bordeaux, le 2 mars 2021

Des gendarmes dans leur véhicule à Carbon-Blanc, près de Bordeaux, le 2 mars 2021 - Philippe LOPEZ © 2019 AFP

C'est le spécialiste des terminaux durcis Crosscall qui remporte ce contrat de 200.000 terminaux pour les forces opérationnelles des deux corps.

Les futurs smartphones utilisés par les gendarmes et les policiers seront français. C'est Crosscall, qui s'est spécialisé dans la conception de smartphones 'outdoor' et durcis (c'est-à-dire résistant aux chutes, aux projections d'eau ou de poussières) dédiés aux pratiquants de sports extrêmes ou encore aux professionnels travaillant en "environnements hostiles", qui a remporté le contrat.

Concrètement, "dans le cadre de l’appel d’offre lancé par le Ministère de l’Intérieur, la Gendarmerie nationale et la Police nationale ont choisi l’association Crosscall et Orange Business Services pour équiper et connecter l’ensemble de leurs forces opérationnelles. Plus de 200.000 terminaux résistants et durables, connectés aux applications métier, vont ainsi accompagner les forces de l’ordre en mobilité dans l’évolution de leur métier, pour une durée de 4 ans", peut-on lire dans un communiqué.

Le montant du contrat n'a pas été précisé.

Marché de niche

Ce n'est pas le premier succès pour cette entreprise fondée il y a onze ans à Aix-en-Provence, qui conçoit ses smartphones en France et les fabrique en Chine. Croscall a remporté l'an passé un contrat pour équiper 21.000 contrôleurs de certaines lignes TGV, Intercités et TER.

Le groupe se distingue dans un marché de niche désormais peu exploité par les grands noms du secteur comme Samsung: celui des terminaux professionnels, durcis et sécurisés.

Un exemple de smartphone durci conçu par Crosscall
Un exemple de smartphone durci conçu par Crosscall © crosscall
Les terminaux, plébiscités pour leur solidité, leur étanchéité et leur grande autonomie, seront déployés dans les mois à venir. Ils permettent au Ministère de l’Intérieur d’installer sa propre couche de sécurité développée par l’opérateur des systèmes d’information interministériels classifiés (OSIIC), une entité du SGDSN. L’objectif étant de chiffrer les communications et de sécuriser les applications mobiles présentes sur le terminal", explique le groupe.

Et de poursuivre: "Les policiers et les gendarmes disposeront sur leur tablette ou leur smartphone, de tous les outils dont ils ont besoin au quotidien. En plus des solutions de communication de groupe enrichie 'Push-to-X' (voix, texte, photo, vidéo), ils auront accès à plus d’une soixantaine d’applications métier, pour vérifier en temps réel une identité ou la validité d’un permis de conduire par exemple". 

2,5 millions de terminaux vendus l'an passé

Nous sommes fiers en tant qu’entreprise française d’accompagner la Gendarmerie et la Police avec des produits uniques correspondant à des usages auxquels aucun smartphone classique ne répond, et privilégiant la durabilité", se félicite Cyril Vidal, Président et fondateur de l'entreprise.

Au cours de son dernier exercice fiscal 2019-2020 (clos le 31 mars dernier), Crosscall a vendu 2,5 millions de terminaux contre pour un chiffre d'affaires de 81 millions d'euros contre 71 millions un an plus tôt. Présente dans 15 pays, la marque vise également une expansion vers les pays d’Afrique.

C'est évidemment très loin des leaders mondiaux du secteur mais la marque s'est fait un nom et multiplie d'ailleurs les contrats B2B (à destination des entreprises), notamment avec Vinci, Eiffage, Swissport ou encore Toupargel. Il est d'ailleurs un des seuls acteurs français dans le smartphone durci encore actif.

"Pour se démarquer des géants de la téléphonie, Crosscall capitalise sur son ADN et sa capacité d’innovation en concevant différents produits capables de correspondre durablement à tous les corps de métier et à toutes les utilisations. Nos flottes sont également vendues avec des solutions évolutives de gestion du type Mobile Device Management", précise le groupe.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business