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Les attentats ont bel et bien impacté petits commerces et artisans

Les petits commerces ont vu leur activité reculer en 2015 (image d'illustration)

Les petits commerces ont vu leur activité reculer en 2015 (image d'illustration) - Pascal Pavani - AFP

Le chiffre d'affaires des artisans et des commerces de proximité a globalement reculé de 2% sur les trois derniers mois de l'année dernière. C'est avant tout l'hôtellerie-restauration qui a fait les frais des attentats du 13 novembre.

Si les TPE-PME sont clairement optimistes pour 2016, la fin de 2015 a clairement été difficiles pour les entreprises dites "de proximité" (artisan et petits commerces). Leur chiffre d'affaires a ainsi reculé de 2% au quatrième trimestre de l'an dernier, selon une étude (*) de l'institut I+C pour l'UPA, l'union professionnelle artisanale. Sur l'ensemble de 2015, la chute de leur activité est identique.

Néanmoins l'UPA tient à souligne que pour le dernier trimestre de 2015 la baisse est "en trompe l'œil", car le chiffre global est clairement tiré vers le bas par le secteur de l'hôtellerie-restauration qui a vu son chiffre d'affaires se replier de 8,5%. "Les attentats de novembre sont également à l’origine d’une contraction plus marquée de l’activité en Ile-de-France (-4%)", souligne par ailleurs l'UPA.

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- © UPA

Une éclaircie à l'horizon?

Certains secteurs vont toutefois un peu mieux, comme le bâtiment (-1,5%) et les travaux publics (-3,5%) qui malgré une diminution de leur activité "ont réussi à fortement atténuer la baisse qui était à son paroxysme il y a un an", relève l'organisation professionnelle. L'alimentation et s'est stabilisée (0%) "pour la première fois depuis de nombreux trimestres" et les services aussi (-0,5%).

Si les inquiétudes sont encore vives chez ces très petites entreprises, notamment pour leur activité, "l’horizon se dégage légèrement concernant les difficultés de financement puisque l’écart entre les professionnels constatant une détérioration de leur trésorerie et ceux constatant une amélioration se réduit", note l'UPA.

Son président Jean-Pierre Crouzet profite néanmoins de l'occasion pour dénoncer, selon lui, l'insuffisance des mesures prises par le gouvernement en faveur des TPE-PME. "Si l’on veut réellement libérer le formidable potentiel de création d’emplois et de richesses propres à l’artisanat et au commerce de proximité, il convient de baisser drastiquement et définitivement le coût du travail", plaide-t-il dans un communiqué.

Avant de demander au "gouvernement sans tarder une lutte active et efficace contre toutes les formes de concurrence déloyale, et de permettre à la jeunesse française d’acquérir des compétences plutôt que de laisser à penser que l’on peut créer son entreprise sans aucune qualification". Un message sans doute plus particulièrement adressé à Emmanuel Macron qui cherche actuellement à "ouvrir la porte" à certains métiers en s'attaquant aux "qualifications excessives".

(*) Enquête réalisée à la demande de l’UPA par l’Institut I+C dans la première quinzaine du mois de janvier 2016 auprès d’un échantillon représentatif de 4700 entreprises de l’artisanat et du commerce de proximité.

J.M.