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Ces métiers dont Macron pourrait faciliter l'accès à plus de Français

Emmanuel Macron souhaiterait qu'il n'y ait besoin que d'un CAP pour exercer la coiffure

Emmanuel Macron souhaiterait qu'il n'y ait besoin que d'un CAP pour exercer la coiffure - Fred Tanneau - AFP

Un rapport remis lundi au ministre de l'Économie dénonce les qualifications parfois excessives qui sont requises pour exercer plusieurs activités. Avec des situations parfois insolites.

"Il faut ouvrir la porte". Voilà le credo d'Emmanuel Macron qui, comme il l'a affirmé ce mercredi sur BFMTV-RMC, est "farouchement accroché à la réforme". On ne s'étonnera donc pas de voir le ministre de l'Économie de s'attaquer aux "qualifications excessives" qui limitent l'accès à ces activités. "On a mis par la loi puis par des barrières réglementaires des contraintes de formations, de qualifications préalables, qui verrouillent les choses", a-t-il affirmé.

Emmanuel Macron reconnaît que dans certains cas, ces barrières reposent parfois sur de "bonnes raisons" notamment lorsqu'elles ont pour motif "la santé et la sécurité des consommateurs". Mais dans bien des cas, le ministre est tenté de lever les freins qui empêchent bien des Français à accéder à des métiers qui leur permettrait de rebondir sur le plan professionnel.

Quels sont ces métiers? Emmanuel Macron cite l'exemple de la coiffure qui exige un BP (brevet professionnel) alors que selon lui "un CAP suffit". Mais la liste est longue. Le ministe n'a qu'à puiser dans le rapport que Catherine Barbaroux, la présidente de l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) lui a remis lundi 18 janvier.

Le cas "édifiant" des ramoneurs

Toute une section de ce document vise à souligner le caractère "baroque" de la réglementation des qualifications requises pour exercer une activité. Ainsi, aucune qualification n'est requise pour ouvrir une crêperie alors que pour fabriquer des plats à emporter (sans proposer de repas sur place) ou des tartes salées il faut obtenir un CAP ou valider une expérience qui relève des métiers de bouche. Le rapport souligne également le cas "édifiant" des ramoneurs: "seul un certificat technique des métiers préparés en Alsace répond en termes de certification à l'exigence de qualification", s'étonnent les auteurs du document.

Ces derniers regrettent également que certaines formations, pourtant d'un niveau supérieur, ne permettent pas d'exercer dans un secteur d'activité différent, citant l'exemple d'un titulaire d'un "bac construction mécanique" et d'un DUT "génie mécanique" que les textes n'autorise pas à se lancer dans la serrurerie-métallerie, sous prétexte qu'il ne justifier de la qualification professionnelle requise.

Même l'administration s'y perd

Le rapport explique également que les organismes professionnels entretiennent parfois la confusion. Dans le cas de la peinture sur carrosserie, aucune qualification n'est demandée du moment que le professionnel ne touche pas à la mécanique. Sauf que, selon le rapport, le site de l'APCMA (assemblée permanente des chambres de métiers et d'artisanat) mentionne "une obligation de qualification pour les travaux de peinture sur carrosserie".

La complexité des règles est telle que l'administration elle-même s'y perd. Les auteurs du rapport lui ont demandé s'il était nécessaire d'obtenir une qualification pour poser des alarmes. On lui répond que "oui", alors les auteurs assurent que "dans un courrier antérieur", ils avaient eu droit à une réponse différente. 

Autre cas: la pose de faux ongles. "Après avoir longtemps été considérée comme une activité dispensée d'obligation de qualification professionnelle" cette activité "a fait l'objet, en 2014, de contrôles dont les fondements juridiques sont actuellement débattus entre services de l'Etat". Ubuesque.

Revoir la validation des acquis

Enfin, on ne résistera pas au plaisir de mentionner les interrogations suivantes des auteurs: "Pourquoi un professionnel qui propose des services à domicile ou dans les maisons de retraite doit-il avoir obligatoirement un local professionnel par définition jamais utilisé?" "Pourquoi l’examen relatif à l’attestation professionnelle de transport léger de marchandises (livraison à domicile) porte-t-elle désormais sur des questions juridiques très éloignées des conditions d’exercice du métier, vérifiées par ailleurs par le permis de conduire?"

Pour remédier à cette situation, le rapport suggère une simplification administrative et l'amélioration de la prise en compte des acquis professionnels.