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Le patron de Netflix vante le nucléaire français pour lutter contre le réchauffement climatique

Pour Reed Hastings, dirigeant et fondateur de Netflix, le déclin de la télévision traditionnel est déjà consommé.

Pour Reed Hastings, dirigeant et fondateur de Netflix, le déclin de la télévision traditionnel est déjà consommé. - Bernd Von Jutrczenka (DPA/AFP)

Dans une interview au Point, Reed Hastings explique sa conversion à la transition écologique et confie avoir été convaincu de l'utilité du nucléaire en lisant le dernier ouvrage de Bill Gates.

Netflix veut réduire son empreinte climatique. La première plateforme mondiale du streaming s'est fixée un objectif de "net zéro carbone" d'ici la fin de l'année 2022. La compagnie qui estime ses émissions à 1,1 million de tonnes de CO2 par an (contre 1,5 million pour Google et 25 millions pour Apple), veut compenser ses émissions en investissant dans la préservation de forêts.

Netflix -qui ne prend pas en compte dans son calcul les émissions de fournisseurs d'accès internet et des fabricants de périphériques qui permettent d'accéder à ses services- émet 50% de son CO2 avec la production de ses contenus et 45% avec ses activités corporatives (bureau, marketing...).

Dans une interview accordée au Point, Reed Hastings, le fondateur de Netflix assure avoir pris conscience de la gravité de la situation climatique en 2016 en regardant le documentaire "Une vérité qui dérange" avec l'ex-vice président Al Gore. Dans la foulée, le patron américain confie avoir troqué sa Mercedes pour une Tesla et équipé sa maison de panneaux solaires.

"Vous avez trouvé un consensus"

Si Reed Hastings s'est converti à l'électrique et aux énergies renouvelables, il estime aussi que le nucléaire peut être une solution d'avenir pour produire de l'électricité décarbonée. Une conviction qui s'est forgée avec la lecture du dernier livre de Bill Gates.

"Je citerais "Climat : comment éviter un désastre", le dernier livre de Bill Gates, qui m'a ouvert les yeux sur le nucléaire, longtemps combattu par les écologistes, confie le patron de Netflix. Il est plus sûr que le charbon. Votre pays produisant plus de 70% de son électricité grâce au nucléaire, c'est génial que vous ayez trouvé un consensus sur ce sujet, ce qui n'est pas le cas de l'Allemagne et du Japon, par exemple."

Et si le nucléaire n'est pas si consensuel en France, Reed Hastings dit déplorer que la science ne soit pas toujours une préoccupation centrale sur ces questions.

"Si vous vous intéressez aux 100.000 dernières années, vous observez chez l'homme une tendance à vouloir croire à des histoires. Pourquoi réussissons-nous dans le divertissement ? C'est parce que nous avons besoin que l'on nous raconte des histoires, explique-t-il. Le point négatif est que prolifèrent des idées fausses comme "la science n'est pas importante"."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco