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Le Medef ne veut pas enterrer la réforme de l'assurance chômage

Reportée au 1er janvier prochain, cette réforme modifie notamment les règles du cumul emploi-chômage qui permet à certains travailleurs de mieux gagner leur vie en cumulant un emploi à temps partiel et l'allocation chômage.

La réforme de l'assurance chômage a-t-elle encore un avenir ? A l'instar du débat sur les retraites, le sujet ne semble pas être à l'ordre du jour. Officiellement reportée au 1er janvier prochain par le Premier ministre Jean Castex, lors de sa nomination, la réforme controversée devait permettre, dès le 1er septembre, de remettre à plat les règles de calcul de l'allocation chômage, au détriment des cotisants. Une première partie de la réforme, qui durcissait l'ouverture aux droits, était d'ailleurs déjà entrée en vigueur le 1er novembre 2019. Elle a aussi été suspendue par le gouvernement.

Reste à savoir si l'exécutif table sur un nouveau report alors que la situation sur le front de l'emploi a radicalement changé depuis la crise du coronavirus. "Je peux comprendre qu'au moment où le chômage augmente (…) on suspende cette réforme jusqu'au 1er janvier" explique le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, dans Good Morning Business, sur BFM Business, ce jeudi. Mais, "en fonction de la situation à la fin de l'année, et du nombre de chômeurs, je pense qu'il faudra se reposer cette question car le principe de cette réforme était un bon principe."

Contrats courts

Dans le viseur, ce sont notamment les règles de calcul de l'allocation chômage et certaines situations anormales qui en découlent. "Le système actuel, dans certains cas, permet effectivement d'avoir un plus fort revenu en travaillant partiellement qu'en travaillant à plein temps" explique Geoffroy Roux de Bézieux.

Vieux débat, cet argument était notamment brandi par l'ex-ministre du Travail Muriel Pénicaud pour justifier la réforme. "Plus de 20% des demandeurs d'emploi, soit un sur cinq, ont une allocation supérieure à la moyenne de leurs revenus sur la période de référence", assure le ministère du Travail. "Gagner plus quand on rentre au chômage que ce qu'on gagnait en moyenne sur la période de référence, ça pose question. Ce ne sont pas les gens qui sont en cause mais les règles de calcul du salaire journalier de référence." Une situation confirmée par Pole Emploi bien que cette anormalité concerne principalement les salariés modestes qui enchaînent les contrats courts.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business