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Le coronavirus fait chuter Bouygues dans le rouge au premier semestre

Martin Bouygues en visite sur le nouveau site du ministère de la Défense en janvier 2014.

Martin Bouygues en visite sur le nouveau site du ministère de la Défense en janvier 2014. - Joël Saget - AFP

Le groupe tricolore a particulièrement souffert de l'effondrement dans la construction pendant le confinement.

Le géant français Bouygues est tombé dans le rouge au premier semestre dans le sillage de la crise du coronavirus, une bonne résistance dans les télécoms ne compensant pas un effondrement dans la construction, a-t-il annoncé jeudi.

Au premier semestre, le groupe a subi une perte nette de 244 millions d'euros, contre un bénéfice de 225 millions un an plus tôt. Quant au chiffre d'affaires semestriel, il a reculé de 15% à 14,8 milliards d'euros. 

"Cette baisse (...) est intégralement imputable (au) Covid-19", a résumé Bouygues dans un communiqué, estimant que la crise sanitaire lui avait coûté 2,8 milliards d'euros de revenus au premier semestre.

Chantiers à l'arrêt

Sur les deux grandes activités du groupe, les chantiers et les télécoms, ce sont de loin les premiers qui ont le plus souffert des mesures de confinement mises en place pendant des semaines au printemps dans de multiples pays. La branche subit une perte semestrielle de 384 millions.

Ces mesures ont contraint Bouygues, à l'instar de tout le secteur du bâtiment, à interrompre de nombreux chantiers, le temps d'établir les mesures sanitaires adéquates.

Désormais, "à mi-juillet 2020, la quasi-totalité des sites étaient rouverts en France, avec un rythme d'avancement de l'activité proche de celui d'avant crise", détaille le groupe, évoquant aussi un niveau "proche de la normale dans de nombreux autres pays".

Les télécoms résistent au choc

Du côté des télécoms, la facture est nettement moins lourde, même si Bouygues a souffert de la fermeture de ses boutiques et d'un net déclin des frais d'itinérance en raison des restrictions sur les déplacements à l'étranger.

La filiale télécoms, qui a retrouvé la forme depuis quelques années après une période difficile, reste largement dans le vert malgré une baisse de son bénéfice net (-5,3% à 142 millions d'euros), et a notamment réussi à faire encore progresser ses abonnements, dans le fixe comme le mobile.

Pour autant, au niveau de l'ensemble du groupe, Bouygues ne donne pas de nouvelle prévision annuelle, jugeant le contexte sanitaire trop incertain.

Il promet toutefois de redevenir rentable au second semestre, mais sans retrouver le niveau de la même période de l'an dernier. 

T.L avec AFP