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Le confinement a été bien plus pénible pour les pauvres que pour les riches

Les classes sociales les plus pauvres sont aussi celles qui ont le plus pâti du confinement

Les classes sociales les plus pauvres sont aussi celles qui ont le plus pâti du confinement - Thomas SAMSON / AFP

Selon une enquête de l'iNSEE, 30% des personnes les plus modestes ont vu leur situation financière se dégrader pendant la crise sanitaire contre 11% seulement des plus aisés.

Les classes sociales les plus pauvres sont aussi celles qui ont le plus pâti du confinement: elles ont davantage subi une perte de revenus, ont moins télétravaillé, et ont eu plus de mal à gérer le suivi scolaire des enfants, révèle une étude de l'Insee publiée vendredi.

Pendant la crise sanitaire, 30% des personnes les plus modestes - c'est-à-dire se situant dans les 20% de la population ayant les plus faibles revenus - ont vu leur situation financière se dégrader, contre 11% seulement des plus aisés - appartenant aux 20% ayant les plus hauts revenus.

De même, 43% des ouvriers ont connu une situation susceptible d'avoir amputé leurs revenus (chômage partiel, arrêt de travail pour maladie ou garde d'enfants, ou encore non-renouvellement de contrat).

Mais seuls 34% des cadres et professions intermédiaires ont été dans ce cas, précise l'Insee, sur la base de son "enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages".

Un confinement "pénible"

Sans surprise, les personnes modestes ont également beaucoup moins pratiqué le télétravail que les cadres: cette situation a concerné 2% des ouvriers, 20% des employés et 58% des cadres et professions intermédiaires.

Parmi les personnes ayant des enfants, 35% disent avoir eu des difficultés pour assurer leur suivi scolaire. Avec, là aussi, une corrélation très nette avec le niveau de vie: près de la moitié des plus modestes ont éprouvé des difficultés pour gérer "l'école à la maison", mais un quart seulement des plus aisés.

Au final, lorsqu'on demande aux personnes d'exprimer à quel point elles ont trouvé le confinement "pénible" (note entre 0 et 10), 27% disent avoir vraiment mal vécu cette période, en donnant une note au moins égale à 7.

Ce taux monte à 37% pour les plus modestes, mais baisse à 17% pour les plus aisés.

Les femmes expriment un "sentiment de pénibilité" légèrement plus marqué que les hommes.

Cet écart de perception entre les sexes se creuse lorsque le couple a des enfants (5,0 pour les femmes, 4,4 pour les hommes), ce qui s'explique par la persistance d'inégalités dans les tâches parentales: 83% des mères disent avoir consacré plus de 4 heures par jour à leurs enfants pendant le confinement, contre 57% des pères.

Parmi celles et ceux qui avaient un emploi, les mères ont été deux fois plus nombreuses que les pères à renoncer à travailler pour garder les enfants (21% contre 12%).

Enquête INSEE réalisée par téléphone, du 27 avril au 16 mai, auprès de plus de 1.600 personnes de plus de 15 ans.

P.S. avec AFP avec AFP