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Le britannique Arcadia, propriétaire de Topshop, au bord de la faillite

Parmi Les marques d'Arcadia figurent des noms bien connus de l'habillement comme Topshop, Dorothy Perkins et Burton

Parmi Les marques d'Arcadia figurent des noms bien connus de l'habillement comme Topshop, Dorothy Perkins et Burton - Tolga Akmen

Une faillite du groupe, qui compte 15.000 salariés et plus de 500 magasins, constituerait un coup de tonnerre dans le commerce britannique touché de plein fouet par la crise sanitaire.

L'empire britannique de la mode Arcadia, qui possède notamment les magasins Topshop, a annoncé vendredi évaluer plusieurs "options de secours" pour sauver ses marques après des informations de presse évoquant une faillite imminente attribuée à la pandémie.

Une faillite du groupe, qui compte 15.000 salariés et plus de 500 magasins, constituerait un coup de tonnerre dans le commerce britannique touché de plein fouet par la crise sanitaire et l'essor des achats en ligne. Parmi ses marques figurent des noms bien connus de l'habillement comme Topshop, Dorothy Perkins et Burton, et sont présentes dans de nombreux centres commerciaux et rues commerçantes à travers le pays, et au-delà.

Arcadia "travaille sur des options de secours pour assurer l'avenir des marques du groupe", selon un communiqué de l'entreprise qui appartient à l'homme d'affaires controversé Philip Green.

Arcadia a été contraint de réagir après des informations de Sky News révélant que le groupe était au bord du dépôt de bilan après avoir échoué à s'entendre avec ses créanciers pour obtenir un prêt de 30 millions de livres. Il pourrait se placer sous le régime britannique des faillites dès lundi, selon la chaîne d'information.

Mais il s'agirait de l'équivalent d'un dépôt de bilan, sous l'égide du cabinet Deloitte, et non pas d'une liquidation. Cela permettrait au groupe de pouvoir céder ses différentes marques. Sky News indique que l'enseigne en ligne Boohoo pourrait être un prétendant au rachat de Topshop.

Arcadia explique dans son communiqué que la fermeture forcée de ses magasins pendant une longue durée du fait de la pandémie a eu un impact "significatif" sur son activité. Le groupe précise toutefois que ses magasins rouvriront leurs portes en Angleterre une fois que les restrictions gouvernementales auront été levées la semaine prochaine après le confinement de novembre.

Dividendes généreux

"L'impact de la pandémie a été un défi trop difficile pour le distributeur qui était autrefois très apprécié", souligne Richard Lim, analyste chez Retail Economics. Cette possible faillite représenterait par ailleurs un échec cuisant pour le sulfureux Philip Green dont le parcours est émaillé de plusieurs scandales.

Il avait racheté Arcadia en 2012 pour 850 millions de livres avant d'accorder un dividende record trois ans plus tard de 1 milliard de livres à son épouse Christina, propriétaire légale du groupe et résidente monégasque.

Philip Green est également impliqué dans le scandale de la faillite de la chaîne de grands magasins BHS en 2016 avec la perte de plus de 10.000 emplois. Il avait cédé l'entreprise pour une livre symbolique juste avant sa chute, après avoir versé des dividendes de 400 millions de livres à sa famille pendant une quinzaine d'années.

4.700 emplois menacés

Pour couronner le tout, il avait fait face fin 2018 à des accusations de racisme et de harcèlement sexuel de plusieurs employés. Les difficultés d'Arcadia s'ajoutent à la longue liste des enseignes en péril ou qui ont fait faillite depuis le début de la crise sanitaire et qui bien souvent souffraient déjà d'une baisse de fréquentation et de la concurrence des ventes en ligne.

Les grands magasins Debenhams ont supprimé des milliers d'emplois et ont déposé le bilan en avril. Ils mènent désormais des discussions afin d'être repris par la chaîne d'article de sport JD Sports. Les chaînes d'habillement britanniques Peacocks et Jaeger, qui appartiennent au groupe EWM du milliardaire Philip Day, ont déposé le bilan la semaine dernière, ce qui menace 4.700 emplois environ.

La branche britannique de la marque de lingerie Victoria's Secret et la chaîne de vêtements et articles pour la maison Laura Ashley font partie des autres victimes de la pandémie.

"L'habillement a été le secteur le plus touché par les bouleversements dans la manière dont nous vivons, travaillons et nous amusons, ce qui nécessite moins de nouveaux vêtements", selon Richard Lim.

Il souligne que les chaînes les plus en difficultés sont souvent celles qui sont en retard dans l'offre en ligne. "Des années de sous-investissement dans les canaux numériques ont sévèrement réduit leur capacité à traverser cette période".

PS avec AFP