BFM Business

Laurent Berger émet des doutes sur le bien-fondé du chômage partiel dans les grandes surfaces

"Je dis attention, il y avait peut-être moyen, en tout cas sur certains magasins, de faire autrement", estime le leader de la CFDT Laurent Berger.

"Je dis attention, il y avait peut-être moyen, en tout cas sur certains magasins, de faire autrement", estime le leader de la CFDT Laurent Berger. - Patrick Kovarick - AFP

Pour le secrétaire général de la CFDT, il est étonnant que certains salariés aient été placés en chômage partiel "y compris sur les rayons essentiels".

Le recours massif au chômage partiel dans la grande distribution est une dépense publique "dont on aurait pu s'exonérer", a estimé lundi le leader de la CFDT Laurent Berger, qui s'est étonné que cette mesure concerne même les magasins de proximité, dont les ventes sont pourtant peu impactées par le confinement.

Cette démarche est "légale" et "on peut comprendre" que la grande distribution ait demandé sa mise en place pour les hypermarchés, qui ont "sans doute une grande perte de chiffre d'affaires" pour avoir dû fermer leurs rayons "non essentiels" dans le cadre des mesures sanitaires, a concédé Laurent Berger sur France Inter.

En revanche, il est plus étonnant que certains salariés aient été placés en chômage partiel "y compris sur les rayons essentiels", a relevé le secrétaire général de la CFDT.

"Je dis attention, il y avait peut-être moyen, en tout cas sur certains magasins, de faire autrement", a-t-il poursuivi.

"Ce qui est légitime, et pas plus"

Ces mesures ont "un coût pour les finances publiques" et sont "l'illustration d'une dépense dont on aurait pu s'exonérer", pour éviter à l'avenir un effet "boomerang" qui verrait par exemple le gouvernement imposer des restrictions sur l'assurance chômage pour faire des économies, a-t-il mis en garde.

La CGT des hypermarchés Carrefour s'était insurgée vendredi contre le recours au chômage partiel dans les magasins du groupe, estimant que la direction voulait "profiter de l'aubaine financière pour réaliser des économies substantielles sur le dos des contribuables".

Pour sa part, la ministre du Travail Élisabeth Borne a rappelé dimanche que le secteur avait bien droit à ce dispositif, puisqu'il est confronté à l'"arrêt" d'une partie de ses activités, et qu'elle préférait "que les salariés soient en activité partielle plutôt que licenciés".

Pour autant, a souligné Élisabeth Borne, le gouvernement "vérifiera que les demandes présentées sont justifiées", de manière à ce que la grande distribution obtienne "ce qui est légitime, et pas plus".

PS avec AFP