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La consommation des ménages a quasiment retrouvé son niveau d'avant crise en juin

La consommation des ménages rebondit en juin

La consommation des ménages rebondit en juin - Philippe Huguen

En juin, la consommation des ménages était inférieure de trois points de pourcentage à son niveau normal.

Après avoir bouleversé les habitudes d’achats des Français, les effets du confinement s’estompent peu à peu. Selon une note de conjoncture de l’Insee parue ce mercredi, la consommation des ménages a repris de la vigueur en juin, retrouvant quasiment son niveau d’avant crise (-3 points de pourcentage en moyenne par rapport à une période normale).

Ce net rattrapage est en partie lié à au surcroît de consommation observé à la sortie du confinement et qui s’est poursuivi en juin pour certains biens, à l’image des produits manufacturés dont la consommation est restée supérieure de 6% à son niveau normal le mois dernier.

Dans le détail, le secteur de la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac a enregistré le mois dernier un niveau de consommation supérieure de 5 % à son niveau d’avant crise. Ce surcroît de consommation était même de 23% pour la fabrication d’équipements électriques, électroniques et informatiques.

Rebond graduel des services

Pour certains biens manufacturés en revanche, la forte hausse de la consommation survenue à la sortie du confinement s’est atténuée depuis. C’est par exemple le cas pour les dépenses d’habillement et chaussures qui étaient supérieures de plus de 20% à la normale le 18 mai mais qui ont désormais quasiment retrouvé leur niveau d’avant-crise. Quant aux dépenses de carburants, elles ont poursuivi leur rattrapage en juin sans pour autant retrouver un niveau normal.

Malgré un redressement beaucoup plus rapide en juin qu’au sortir du confinement, les services marchands restent à la peine avec une consommation inférieure de 9% à une situation normale d’activité. C’est tout de même beaucoup mieux qu’en avril (-29%) et mai (-20%). Ce rattrapage plus graduel est en partie lié à la levée progressive des restrictions d’ouverture, notamment dans le secteur de l’hébergement et de la restauration où les dépenses des ménages étaient de 20% inférieures à la normale le mois dernier, contre -82% en avril et -67% en mai.

"En revanche, les services toujours soumis à des restrictions d’activité resteraient à des niveaux de consommation encore très dégradés, comme par exemple le transport aérien ou les activités culturelles", souligne l’Insee.

Baisse de la consommation de 17% au deuxième trimestre

Symbole de cette reprise de la consommation, les transactions par carte bancaire ont progressé depuis le déconfinement. Le lundi 15 juin, les ventes physiques par CB étaient par exemple supérieures de 4% à ce qu’elles étaient à la même période un an plus tôt. Sans doute cela s’explique-t-il aussi par l’abandon progressif du paiement en liquide, moins rassurant sur le plan sanitaire.

Compte tenu des pertes de consommation enregistrées en avril et mai (-32% puis -15%), la consommation des ménages au deuxième trimestre aura été inférieure de 17% à une situation normale.

Rappelons que les ménages français, empêchés de consommer, ont épargné 75 milliards d'euros pendant la période de confinement. Le rythme de la reprise dépendra donc en grande partie de ce qu'ils feront de cette épargne, s'ils la dépensent ou s'ils la gardent en réserve.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco