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Economie

La CGT assigne la Caisse d'épargne d'Ile de France pour discrimination envers les femmes

Un ex-trader de la Caisse d'Epargne devra rembourser 315 millions d'euros à la banque après des opérations bacaires frauduleuses.

Un ex-trader de la Caisse d'Epargne devra rembourser 315 millions d'euros à la banque après des opérations bacaires frauduleuses. - -

Le syndicat estime que les femmes sont moins bien traitées que les hommes, en termes de promotions et de rémunérations. La banque dément, chiffres à l'appui.

La CGT, qui avait lancé l'an dernier une action de groupe contre la Caisse d'épargne Ile-de-France (CEIDF) pour discrimination envers les femmes, a assigné en justice la banque qui n'avait "pas réagi", a indiqué le syndicat mercredi.

"Plus on monte dans la hiérarchie, moins les femmes sont nombreuses" dans cette banque, a critiqué lors d'une conférence de presse Valérie Lefebvre-Haussmann, secrétaire générale de la fédération CGT des banques et assurances.

Au côté du syndicat CGT de la CEIDF et de la fédération CGT du secteur, "la confédération (CGT) est partie prenante dans cette action de groupe car ce qui se passe à la CEIDF est malheureusement exemplaire de ce qui se passe dans le pays", a estimé Sophie Binet, responsable confédérale sur les questions d'égalité femmes/hommes à la CGT.

"Constat flagrant"

Selon Me Clara Gandin, avocate de la confédération, "le constat est flagrant: les femmes au sein de la Caisse sont moins bien traitées que les hommes, en termes de promotions et de rémunérations". "Quel que soit l'endroit où une femme y commence sa carrière, elle se heurte à un plafond de verre", a-t-elle dit.

Voyant dans l'index d'égalité professionnelle, lancé par le gouvernement, une "grande opération de dissimulation des écarts de salaires" entre les femmes et les hommes dans les entreprises, Mme Binet a dénoncé un "discours en décalage total avec la réalité".

Avec cet index, une entreprise "peut avoir 95 points sur 100 tout en gardant 10% d'écart de salaire" entre les femmes et les hommes, a-t-elle poursuivi. Si la note de la CEIDF atteint "94 sur 100", cet outil "compte toute une série de biais qui matériellement ne peuvent qu'effacer les inégalités" et "il n'y a aucune sanction qui fonctionne", a-t-elle déploré.

Un cadre sur deux est une femme, assure la banque

De son côté, le direction de la CEIDF a assuré dans un communiqué que "l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes" était pour elle "une priorité".

"A classification et emploi identiques, les femmes et les hommes perçoivent le même salaire avec un écart moyen inférieur à 1%", indique la banque. En outre, ajoute-t-elle, "50% des cadres sont des femmes, soit 7% de plus en 10 ans", et "40% des cadres supérieurs sont des femmes, soit 17% de plus en 10 ans".

"La saisine de la justice va permettre de démontrer (l')engagement" de la banque "en faveur de l'égalité professionnelle femmes/hommes et de faire cesser la campagne de communication politique, mensongère et diffamatoire de la CGT", ajoute la CEIDF.

Droit de réponse de la Caisse d'Epargne d'Ile-de-France (CEIDF)
"L'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est un sujet essentiel et prioritaire à la Caisse d'Epargne Ile-de-France. En témoigne la conclusion, en 2015, renouvelée en 2018, de l'Accord sur l'égalité professionnelle avec les organisations syndicales, représentant près de 80% des salariés (CFDT, CGC et SUD), à l'exception de la seule CGT.
Depuis 2019, pas moins de 11 réunions du Comité Social et Economique ont donné lieu à des échanges à ce sujet, en présence de toutes les organisations syndicales, dont la CGT. Contrairement à ce qui est affirmé dans l'article, la Caisse d'Epargne Ile-de-France est donc pleinement ouverte à la négociation.
S'agissant du prétendu "plafond de verre", il convient de remarquer que 50% des cadres sont des femmes. Elles sont 40% à être cadres supérieurs, soit 17% de plus en 10 ans et ce rattrapage dynamique de la féminisation de l'encadrement supérieur continue d'être une priorité de la politique RH conformément à l' Accord sur l'égalite professionnelle.
S'agissant de l'écart de rémunération, à classification et emploi identiques, les femmes et les hommes perçoivent le même salaire au sein de la Caisse d'Epargne Ile-de-France avec un écart moyen inférieur à 1%. Ces résultats figurent au bilan social de l'entreprise, ils sont donc publics, ils ont été vérifiés et attestés par des experts indépendants mandatés par le comité social et économique, où siègent l'ensemble des organisations syndicales de la Caisse d'Epargne Ile-de-France, ainsi que par des commissaires aux comptes indépendants.
En outre, la Caisse d'Epargne Ile-de-France présente un score de 94/100 à l'index Pénicaud. Elle dispose aussi, depuis 2017, du label AFNOR sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui vient d'être renouvelé le 7 octobre 2020 après un audit réalisé par un expert indépendant et l'avis d'une commission composée à parité de représentants des pouvoirs publics, des organisations patronales et des organisations syndicales, ce qui en garantit la fiabilité et l'objectivité."


OC avec AFP