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Index de l'égalité femmes-hommes: 4% des entreprises de plus de 250 salariés encore dans le rouge

Elisabeth Borne le 17 juillet 2020 à Matignon

Elisabeth Borne le 17 juillet 2020 à Matignon - Bertrand GUAY © 2019 AFP

Dans un entretien accordé au Parisien, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, assure que "beaucoup d'entreprises sont dans une dynamique de progression" en matière d'égalité salariale. Pour 2020, 97% des entreprises de plus de 1000 salariés ont déjà publié leur index.

Alors que la semaine sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes débute lundi, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, dresse ce dimanche dans Le Parisien un premier bilan plutôt positif de l'index mis en place par le gouvernement en 2019 pour encourager les entreprises à améliorer leurs pratiques.

Depuis mars 2019, les entreprises d'au moins 250 salariés sont tenues de publier chaque année sur leur site internet cet index, une note sur 100 calculée à partir de plusieurs critères et censée rendre compte du niveau d'égalité salariale entre les femmes et les hommes au sein de la structure. Une obligation élargie aux entreprises d'au moins 50 salariés en 2020.

D'après Elisabeth Borne, "beaucoup d'entreprises sont dans une dynamique de progression". "Les lignes ont bougé car il y a un an, 17% des entreprises avaient des notes inférieures à 75/100 (seuil en dessous duquel elles doivent prendre des mesures correctives pour éviter des pénalités financières, NDLR), il n'y en a plus que 4% aujourd'hui", explique la ministre du Travail au quotidien.

"La crise ne doit pas faire passer au second plan la lutte contre les inégalités salariales"

"Cette transparence imposée" aux entreprises a selon elle "un impact indéniable sur la marque employeur et la réputation". Elle en veut pour preuve les 97% d'entreprises de plus de 1000 salariés qui ont renseigné leur index depuis mars 2020. Par ailleurs, un peu plus de la moitié des entreprises (52%) de 50 à 250 salariés "ont fait l'effort de le remplir malgré le contexte sanitaire".

Elisabeth Borne entend désormais "mobiliser les services de la Direction générale du travail pour contacter les 16.680 entreprises de 50 à 250 salariés qui n'ont pas encore rempli cet index". Et d'ajouter qu'"il est d'autant plus important de remettre le focus sur cet index en ce moment. La crise ne doit pas faire passer au second plan la lutte contre les inégalités salariales".

Un critère supplémentaire sur la part des femmes parmi les cadres?

Cette année, la Direction générale du travail a procédé à 4000 interventions. "Au total depuis mars 2019, il y a eu 116 mises en demeure, 93 pour non-déclaration et 21 pour absence de mesures correctives. Deux entreprises ont été sanctionnées. L'une d'elle devra payer une amende équivalente à 0,8% de sa masse salariale", rappelle Elisabeth Borne.

La ministre du Travail envisage par ailleurs d'ajouter un critère au calcul de l'index sur la part des femmes dans les cadres dirigeants. "Je trouve choquant que 37% des entreprises comptent encore moins de deux femmes parmi leurs dix plus hautes rémunérations", souligne-t-elle. Pour rappel en France, les femmes gagnent en moyenne 9% de moins que les hommes à compétences et poste égaux. Et l'écart grimpe à 27% tous postes confondus.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco