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L'ESA signe le contrat pour les satellites de surveillance des émissions de CO2

La mission CO2M doit conduire au lancement d'ici fin 2025 de deux satellites qui permettront de discriminer les émissions de dioxyde de carbone provenant de l'activité humaine

La mission CO2M doit conduire au lancement d'ici fin 2025 de deux satellites qui permettront de discriminer les émissions de dioxyde de carbone provenant de l'activité humaine - Esa

Dans le cadre de la mission CO2M, l'Agence spatiale européenne a signé le premier contrat de développement des satellites de surveillance du CO2 produit par l'activité humaine.

L'Agence spatiale européenne a signé vendredi le premier contrat de développement des futurs satellites de surveillance du CO2 produit par l'activité humaine dans le cadre du programme Copernicus d'observation de la Terre, a annoncé l'ESA.

Cette mission, baptisée CO2M, doit conduire au lancement d'ici fin 2025 de deux satellites identiques (Sentinel 7A et 7B) qui permettront de discriminer les émissions de dioxyde de carbone provenant de l'activité humaine.

L'ESA et l'entreprise allemande "OHB System AG ont signé aujourd'hui un contrat pour la construction des deux premiers satellites qui composent la mission", indique l'ESA dans un communiqué.

Le directeur des programmes d'observation de la Terre de l'ESA, Josef Aschbacher, a déclaré: "Le changement climatique est clairement quelque chose qui nous préoccupe tous beaucoup, et la mission CO2M est destinée à changer la donne dans la surveillance des émissions afin que les informations clés soient disponibles pour l'élaboration des politiques".

La valeur totale du contrat, dont OHB est le maître d'oeuvre industriel, est de 445 millions d'euros.

Thales Alenia Space (TAS) est chargé de la conception de la charge utile des deux satellites, représentant 257 millions d'euros sur la valeur totale du contrat.

Cette société commune entre le français Thales (67%) et l'italien Leonardo (33%) a signé avec OHB vendredi un premier contrat de 72 millions d'euros pour mettre au point d'ici début 2022 les instruments de mesure avant de lancer leur fabrication, affirme TAS dans un communiqué.

Une précision de 0,7 ppm

Ces instruments comprennent un spectromètre permettant de mesurer la quantité de CO2 et de dioxyde d'azote (NO2), un "polarimètre" permettant d'obtenir des informations sur les aérosols présents dans l'atmosphère et un "imageur de nuages", permettant de les détecter et donc de corriger les erreurs qu'ils provoquent dans les mesures de concentration de CO2, explique Yvan Baillion, expert des missions Copernicus chez TAS.

CO2M permettra de visualiser la concentration de CO2 sur une surface de 4 km2, avec une précision de 0,7 ppm (particules par million). La concentration moyenne de CO2 dans l'atmosphère est de 410 ppm.

"Une petite usine qui rejette du dioxyde de carbone va faire varier de quelques ppm la concentration de CO2", a-t-il expliqué.

Les données serviront à mieux identifier les sources d'émissions, pour aider les Etats à affiner leurs politiques en vue de respecter l'objectif de l'accord de Paris visant à limiter le réchauffement au maximum à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

La mission CO2M est le premier contrat signé des six missions de la prochaine génération du programme Copernicus d'observation de la Terre, projet phare de l'Union européenne dans le domaine spatial. La Commission européenne a prévu d'y consacrer 4,8 milliards d'euros entre 2021 et 2027.

P.S. avec AFP