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Jours fériés : quel réel impact sur l'économie française ?

Les "ponts" du moi de mai profiteront à certains secteurs et en pénaliseront d’autres !

Les "ponts" du moi de mai profiteront à certains secteurs et en pénaliseront d’autres ! - AFP Jeff Pachoud

Malgré un mois de mai à 4 "ponts", l'impact de ces jours fériés devrait être limité globalement sur l'économie, grâce aux vases communicants entre des secteurs d'activité.

Au tout début de ce joli mois de mai 2015, très favorable aux salariés, y a-t-il raison de s'inquiéter pour le dynamisme de l'économie française ? Il est vrai que le mois de mai peut, traditionnellement, être inférieur jusqu’à 10 % à un mois normal dans certaines activités.

Mais ce qui compte, plus largement, c’est le nombre de jours fériés sur l’ensemble de l’année. Un nombre qui aura un effet plutôt légèrement positif sur la croissance en 2015.

D’abord, il y aura cette année 252 jours ouvrés, soit un de plus qu’en 2014. Mais il est aussi important de savoir quels sont les jours de la semaine qui sont travaillés ou pas.

Tous les jours fériés n'ont pas le même impact sur l'activité !

Parce que tous les jours fériés ne se valent pas ! Les jours de milieu de semaine, le mardi, le mercredi et le jeudi, comptent plus que les lundis ou les vendredis.

Et parmi ces jours de milieu de semaine, le mercredi pèse plus lourd que les autres ! Or en 2015, seront fériés, un lundi et trois jeudis de plus qu’en 2014, mais un mercredi et deux vendredis de moins. Le 1er novembre tombera un dimanche, et il y aura encore un samedi férié (le 15 août).

Au total, l’effet sur la croissance serait positif en 2015, de l’ordre de 0,1 point de PIB, soit 2 milliards d’euros environ. Il faut rappeler que l’impact des jours fériés avait été négatif en 2014, mais moins qu’en 2013.

En réalité, l’impact est assez faible sur le plan global de l'économie. Ces ponts profitent, en effet à certains secteurs et en pénalisent d’autres. Les congés sont favorables à l’hôtellerie et au tourisme en général par exemple, alors qu'il n'est pas sûr que ce soit bon pour les cinémas ou les théâtres.

L’effet vases communicants est perceptible aussi au sein d'un même secteur d'activité : les restaurant du bord de mer vont gagner en partie ce que vont perdre ceux situés en centre ville.

L'activité est lissée à l'année dans beaucoup de secteurs

Dans l’automobile, les concessionnaires estiment que la période est défavorable à la vente de véhicules, mais qu’elle correspond à un pic pour les activités de dépannage et de service après vente. Et puis surtout, dans beaucoup de secteurs d'activité, il y a en réalité un lissage de l’activité sur l’ensemble de l’année. C’est vrai pour le commerce et la grande distribution : si on fait pas ses courses le 1 mai, on les fait la veille ou le lendemain.

Dans les bureaux, les dossiers sont traités, là encore, la veille ou le lendemain. Les usines, elle aussi, compensent en augmentant les cadences les autres jours. C’est d’autant plus facile à réaliser dans les périodes de croissance faible quand les capacités de production tournent globalement au ralenti.

Au final, ce n’est pas du côté des jours fériés qu’il faut chercher les pistes de relance de la croissance et de l’emploi. Chacun coûte beaucoup moins cher que ce que dit le Medef : 2 milliards d'euros par jour maximum, selon l’Insee, et pas 10 milliards. Et après tout, il n’y en a pas beaucoup plus de jours fériés en France qu’à l’étranger : 11, autant qu’en Pologne en Suède ou en Chine, c’est moins qu’en Corée du Sud et au Japon par exemple !

Emmanuel Lechypre