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"Je pensais que j’allais mourir au Japon", déclare Carlos Ghosn pour justifier sa fuite

Dans les premiers instants de la conférence de presse de Carlos Ghosn, l'ex-patron de Renault-Nissan est revenu sur ses conditions de détention et a vivement critiqué le système judiciaire japonais.

Dans les premiers instants de sa conférence de presse, Carlos Ghosn est revenu sur ses conditions de détention suite à son arrestation à l'aéroport de Tokyo, le 18 novembre 2018. Une manière pour l'ex-patron de Renault et de Nissan de fournir un début d'explications sur sa fuite du Japon, qu'il n'était pas supposé quitter dans l'attente de son procès.

"J'ai été arraché à ma famille et mes proches"

"Comme vous pouvez imaginer, ce jour est très important pour moi. Un moment auquel je pense chaque jour depuis plus de 400 jours (depuis son arrestation, ndlr)", a déclaré Carlos Ghosn.

"J'ai été arraché à ma famille et mes proches", a ajouté l'homme d'affaires de 65, précisant qu'il était également dans l'impossibilité de répondre aux sollicitations des médias.

"Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice et à la persécution" et avoir eu peur de "mourir au Japon", a-t-il martelé en anglais, reprenant des propos qu'il avait déjà tenus dans un communiqué transmis peu après son arrivée au Liban le 30 décembre dernier.
"Mes avocats m’ont dit que j’allais rester cinq ans au Japon avant un jugement. Je pensais que j’allais mourir au Japon ou qu’il fallait que je quitte le Japon. J’avais l’impression d’être un otage du pays", a-t-il développé.

De l'arrestation à la prison en 5 heures.

Carlos Ghosn est aussi revenu sur son arrestation:

"J'ai été arrêté le 18 novembre 2018 et je ne suspectais rien. (...) Les gens pensent que j'ai été arrêté dans l'avion mais ce n'est pas vrai, j'ai été arrête dans l'aéroport. J'ai été mis dans une voiture, on m'a dit qu'il y avait un problème avec mon visa et j'ai été emmené dans une petite salle, le procureur était présent. Je ne pouvais plus utiliser mon téléphone portable et j'ai été arrêté. Il y a eu seulement 5 heures entre mon arrestation et l'arrivée dans le centre de détention de Kosuge", a-t-il expliqué.

L'occasion d'aborder également ses conditions de détention:

"J’ai passé 130 jours en prison, à l’isolement, une petite cellule sans fenêtre. J’avais l’autorisation de sortir seulement 30 minutes par jour, et pas le week-end à cause du manque de surveillants. On est seul dans sa cellule avec 6 jours parfois consécutifs sans contact humain. J’avais droit à deux douches par semaine, j’ai essayé de demander plus mais on me l’a refusé. Je n’avais pas le droit aux médicaments, seuls ceux venant de la prison. Je pouvais être interrogé jour et nuit, jusqu’à 8 heures d’affilée, sans avocat et personne ne parlait anglais ou français.

Considéré comme "présumé coupable", il n'avait pas "d'autre choix" que de fuir face à des accusations "sans fondements", a-t-il fait valoir, se montrant très critique sur le système judiciaire japonais. 

"J'ai été séparé de ma femme pendant 9 mois, sans aucune véritable raison", a-t-il également souligné.

Julien Bonnet