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VIDEO: ''Goldman Sachs a déplacé la ligne rouge de la légalité"

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Jérôme Fritel, co-réalisateur du documentaire Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde, diffusé ce mardi soir sur la chaîne Arte, était interviewé sur BFM Business. Le journaliste estime notamment que la banque américaine a réussi à exercer son influence au point de repousser les limites de la légalité.

Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde est en prime-time, ce mardi 4 septembre sur la chaîne Arte. Nous avions déjà interrogé Marc Roche, journaliste du journal Le Monde et également un des deux réalisateurs de ce documentaire ayant pour sujet la célèbre banque d’affaire américaine. Ce matin, son binôme Jérôme Fritel était l'invité de BFM Business.

Là où Marc Roche indiquait que Goldman Sachs "ne fait rien d’illégal (…)", son collègue affirme que la banque américaine a " déplacé la ligne rouge de la légalité".

Il argumente son propos en partant de la situation suivante. En 2010 Goldman Sachs est accusée de fraude par le gendarme de la Bourse américain, la Sec (Securities and Exchange Commission). Il lui est alors reproché d’avoir trompé ses clients, en leur vendant des produits financiers complexes basés sur des crédits surprimes, tout en permettant à d’autres clients de spéculer à la baisse sur ces mêmes produits.

Goldman Sachs franchit "la ligne jaune de l'éthique"

D’après Jérôme Fritel la banque savait "très bien que ces produits allaient se casser la figure et que les clients seraient ruinés". Il indique ensuite que la justice américaine a abandonné, il y a deux semaines, les poursuites contre Goldman Sachs car "elle considérait qu’elle n’avait pas de preuve et que les actes de Goldman Sachs ne sont donc pas illégaux".

Pour le réalisateur du documentaire, cette décision revient à placer Goldman Sachs au-dessus des lois. "Prenez un autre secteur: l’automobile. Si un constructeur fabrique sciemment une voiture défectueuse qui casse au premier tournant, le client l’attaque en procès et il gagne". Il déduit ainsi que ce qui est "valable dans tous les secteurs de l’économie n’est pas valable pour la Finance".

Jérôme Fritel en conclut donc que Goldman Sachs, par le jeu de son influence, repousse les limites de la légalité. "Goldman Sachs ne franchit pas la ligne rouge mais, par contre, elle dépasse allègrement la ligne jaune de l’éthique et de la morale", assure-t-il.

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