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Un rebond des marchés en trompe-l'œil

Les marchés évoluaient en légère hausse ce matin, mais celle-ci est trompeuse

Les marchés évoluaient en légère hausse ce matin, mais celle-ci est trompeuse - -

Après une violente chute hier, les marchés connaissent une légère accalmie ce jeudi 27 septembre. Mais la tension reste vive sur l’Espagne qui continue de plonger les marchés dans l’incertitude.

C’est une hausse en trompe-l’œil. Ce jeudi 27 septembre, l’ensemble des bourses européennes était légèrement dans le vert. A 11h30, le CAC40 progressait de 0,47%, la Bourse de Francfort de 0,37% et Londres de 0,21%.

Mais ce rebond est surtout technique, les investisseurs rachetant à bas prix des cours tombés très bas la veille. Mercredi, les places boursières avaient en effet dégringolé, minées par les atermoiements du gouvernement espagnol, qui tarde à demander une aide globale à l’Union européenne, ainsi que par la Grèce qui finit de boucler une nouvelle cure d’austérité pour satisfaire ses créanciers publics. Le CAC 40 avait ainsi clôturé avec une baisse de 2,82%, Rome avait lâché plus de 3,2% et Madrid avait dévissé de presque 4%.

Le budget espagnol sera regardé de près

Les marchés, bien qu’en légère hausse, sont donc encore inquiets ce jeudi. "Le sentiment général ne risque pas de s'améliorer, l'actualité économique restant mauvaise", soulignent ainsi les économistes du Crédit Agricole.

Les investisseurs vont continuer de scruter toute annonce émanant de l’Espagne. Madrid doit en effet présenter aujourd’hui son budget pour l’année 2013, qui va prévoir 30 milliards d’euros d’impôt et d’économies pour ramener le déficit à 3% du PIB. Et vendredi, le pays publiera les résultats de l’audit indépendant portant sur la recapitalisation de son secteur bancaire, les banques espagnoles faisant déjà l’objet d’un plan de sauvetage européen de 100 milliards d’euros maximum. 

Signe des craintes des investisseurs, les taux que l’Espagne doit consentir pour emprunter à 10 ans sont repassés hier au-dessus des 6%, un niveau que les économistes juge insoutenable à long terme.

Julien Marion et AFP