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Traité transatlantique: Paris et Berlin affichent une position commune

Berlin veut, comme Paris, faire pression sur les négociateurs du traité transatlantique.

Berlin veut, comme Paris, faire pression sur les négociateurs du traité transatlantique. - Sebastian Gollnow - AFP

"Alors qu'un nouveau round de négociations entre Américains et Européens s'ouvrira la semaine prochaine, la France et l'Allemagne ont listé les sujets sur lesquels les deux pays veulent faire pression. "

Si le traité transatlantique (ou Tafta) veut avoir une chance d'être signé avant la fin de l'année, les négociations vont devoir prendre une autre trajectoire. Voilà le message qu'ont voulu faire passer Paris et Berlin, qui ont listé vendredi les sujets sur lesquels ils seront intransigeants.

Alors qu'un nouveau round de discussions doit se tenir la semaine prochaine à New York entre les Etats-Unis et l'Union européenne, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur français, Matthias Fekl, et le secrétaire d'Etat allemand des affaires économiques et de l'énergie, Matthias Machnig, ont publié une position commune sur la question.

"Si nous voulons un accord ambitieux et équilibré, les questions autres que les droits de douane sont essentielles", y écrivent-ils. Convergence réglementaire, marchés publics, services, agriculture, développement durable, protection de l'investissement, règles d'origine des produits manufacturés: sur chacun de ces points, ils détaillent leurs attentes.

Une ratification par les parlements nationaux réclamée

En matière réglementaire, ils appellent ainsi à "se fonder sur les exigences les plus élevées, en matière sociale, environnementale et de sécurité, tout en maintenant notre droit à réglementer et à adopter des mesures selon nos processus administratifs et règlementaires respectifs". Sur les marchés publics, les ministres demandent des engagements du côté américain, "à tous les niveaux et non seulement au niveau fédéral".

"Les négociateurs doivent concrètement avancer sur ces sujets, sans quoi il n'y aura pas d'accord possible à la fin de cette année", préviennent les ministres.

Par ailleurs, "pour être acceptable, il doit être reconnu comme un accord "mixte", c'est-à-dire soumis à la ratification des parlements nationaux", ajoutent-ils, exigeant qu'il soit "négocié de manière transparente".

Ce vaste accord commercial (TTIP en anglais), en négociation depuis 2013, vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les États-Unis et l'UE mais il rencontre une forte résistance dans la société civile qui critique notamment son opacité, mais aussi de l'impact qu'il pourrait avoir sur l'agriculture ou l'environnement.

Plusieurs responsables politiques, dont Matthias Fekl, ont aussi déploré la lenteur et le peu d'avancées des discussions. La semaine dernière, le président François Hollande a déclaré que la France pouvait "toujours dire non" si les conditions qu'elle a posées, concernant la transparence ou encore l'accès aux marchés publics, n'étaient pas respectées.

Cameron vante les effets du Tafta

"Nous travaillons dur pour faire avancer (ces négociations) parce que cela ferait gagner des milliards à nos économies et donnerait l'exemple au reste du monde ", a déclaré David Cameron lors d'une conférence de presse avec le président américain Barack Obama à Londres.  Le tout à deux mois d'un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

Y.D. avec AFP