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Taxes douanières : Donald Trump «attaque très fort pour faire peur»

Donald Trump a beau assumer sa décision de taxer davantage de produits chinois, il n’en demeure pas moins que, pour Anatole de la Brosse, directeur général adjoint de SIA Partners, la situation risque de devenir critique. Notamment d’un point de vue politique.

Ces 10% de taxes supplémentaires voulues par le président américain devraient concerner beaucoup de produits grand public. Le problème, c’est qu’en maintenant sa posture, Donald Trump risque de directement frapper ses compatriotes au niveau de leur portefeuille. Or le chef de l’Etat américain est déjà en campagne pour sa réélection. D’où la question de savoir si le fait de conserver ce relèvement se révèle judicieux.

Pour le directeur général adjoint de SIA Partners, Donald Trump peut certes « tout se permettre. On l’a vu depuis des années. Il est dans un rôle de négociations. Et il joue la carte de la négociation à la Trump ». Il n’empêche qu’il n’y va, une fois n’est pas coutume, pas de main morte. « C’est-à-dire qu’il attaque très fort pour faire ‘peur’ et obtenir un certain nombre d’avancées qui sont parfois plus restreintes, mais qui permettent quand même de marquer son terrain », détaille Anatole de la Brosse.

Le portefeuille des Américains mis à mal

A la question : « n’est-ce pas quelque peu dangereux que de ‘taper’ sur le consommateur américain ? », le directeur général adjoint de SIA Partners répond que : « Oui, c’est dangereux. Trump n’a pas peur du danger. Que cela concerne l’armement, les menaces de guerre, etc. C’est une arme qu’il n’hésite pas à manier, parfois avec précaution. Parfois un petit peu moins. Effectivement, on tape directement dans le portefeuille des Américains. Mais il faut voir que les enjeux sont considérables. L’import des Etats-Unis avec la Chine, c’est plus de 500 milliards avec une balance commerciale qui est déficitaire de 375 milliards ».

Et de poursuivre : « Evidemment les masses sont colossales. Et c’est bien l’enjeu de Trump que de rationaliser et de limiter les échanges avec la Chine ».