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Tafta: l'UE "continuera de négocier" avec les États-Unis prévient Juncker 

En marge du G20 à Hangzhou (Chine), le président de la Commission européenne a affirmé que Bruxelles continuera à négocier le TTIP avec les États-Unis

En marge du G20 à Hangzhou (Chine), le président de la Commission européenne a affirmé que Bruxelles continuera à négocier le TTIP avec les États-Unis - Frédérick Florin - AFP

En marge du G20 à Hangzhou (Chine), le président de la Commission européenne a rappelé que le mandat donné par les États-membres pour négocier le Tafta reste "pleinement valable".

Visant à créer la plus grande zone de libre-échange du monde et doper l'activité économique, le traité transatlantique de libre-échange (TTIP ou Tafta), négocié depuis mi-2013 est un dossier "de la plus grande importance" pour la Commission européenne. 

"Étant donné le mandat" que les États-membres de l'UE ont accordé à la Commission, "nous continuerons de négocier avec les États-Unis" a assuré Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse en marge du G20, et ce en dépit de la contestation manifestée au sein des gouvernements français et allemand. 

"Lors du dernier Conseil européen, en juin, j'ai demandé à l'ensemble des chefs d'État et de gouvernements (des pays membres) s'ils voulaient que l'on poursuive les négociations. La réponse fut un "oui" unanime" s'est agacé le président de la Commission européenne. Pour lui, "rien n'a changé" depuis. 

Cependant, la contestation semble s'intensifier parmi les gouvernements européens, en butte à une vive hostilité de l'opinion publique et en pleine montée des tentations protectionnistes à travers le globe.

La France ne veut pas "cultiver l'illusion" d'un accord

En France, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a indiqué mardi 31 août sur RMC que la France demanderait en septembre à la Commission, à l'occasion d'une réunion des ministres européens du Commerce, d'arrêter les négociations sur ce projet. 

Le président François Hollande ne s'est pas montré aussi catégorique, mais a rappelé que la France ne voulait pas "cultiver l'illusion" d'un accord "avant la fin de l'année" et la fin du mandat de Barack Obama à la Maison Blanche.

Le ministre social-démocrate allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, estime pour sa part que les discussions ont de facto "échoué" car les Européens "ne doivent pas céder" aux exigences des États-Unis. De son côté, la chancelière conservatrice Angela Merkel continue néanmoins de défendre le projet. 

Selon Margaritis Schinas, la porte-parole de la Commission européenne, cette dernière est plus que jamais "prête à boucler l'accord à la fin de l'année si les conditions sont remplies."

A.M. avec AFP