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Situation explosive à Bangkok entre armée et manifestants

Soldats thaïlandais marchant en direction du campement des "chemises rouges" dans le centre de Bangkok. La situation est explosive dans le centre de Bangkok après une nuit d'affrontements entre soldats et manifestants antigouvernementaux qui ont fait un m

Soldats thaïlandais marchant en direction du campement des "chemises rouges" dans le centre de Bangkok. La situation est explosive dans le centre de Bangkok après une nuit d'affrontements entre soldats et manifestants antigouvernementaux qui ont fait un m - -

par Jason Szep BANGKOK - La situation est explosive dans le centre de Bangkok après une nuit d'affrontements entre soldats et manifestants...

par Jason Szep

BANGKOK (Reuters) - La situation est explosive dans le centre de Bangkok après une nuit d'affrontements entre soldats et manifestants antigouvernementaux qui ont fait un mort et onze blessés, dont un chef militaire des "chemises rouges".

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour déloger des manifestants qui avaient érigé une barricade à l'extérieur du marché de nuit de Suan Lum afin d'empêcher les militaires de couper les accès à leur campement fortifié dans le quartier commerçant de la capitale.

Les protestataires ont incendié un bus, une moto et des pneus alors qu'ils battaient en retraite et que les soldats reprenaient le contrôle de la rue bordée d'hôtels et de plusieurs ambassades qui ont été évacuées.

Les militaires ont ensuite tiré des balles en caoutchouc dans le parc Lumphini situé au centre de la ville alors que des coups de feu ont été entendus à proximité du campement occupé par les "chemises rouges" depuis cinq semaines, a rapporté la télévision thaïlandaise.

Un journaliste étranger, dont ni l'identité, ni la nationalité n'ont été précisées, a été blessé lors de ces affrontements, rapporte un correspondant de Reuters.

Le journaliste, qui portait une caméra vidéo, a été touché par une balle alors qu'il se trouvait entre les manifestants et les soldats. Il a été évacué par les manifestants mais aucune précision n'a été fournie sur la gravité de sa blessure.

Les soldats ont eu recours à des canons à eau et à des tirs de gaz lacrymogènes au carrefour de Nana qui abrite des commerces et des bars de nuit tandis que des escarmouches étaient signalées dans plusieurs autres endroits de la ville.

La police dit avoir tiré en l'air pour effrayer les manifestants qui ont promis de se battre jusqu'à la mort pour obtenir la démission du Premier ministre Abhisit Vejjajiva et la convocation d'élections anticipées.

VILLE À l'ARRÊT

"Ils resserrent le noeud autour de nous mais nous lutterons jusqu'au bout, mes frères et soeurs", a déclaré Nattawut Saikua, un des leaders du mouvement, à ses partisans.

Les autorités ont décidé jeudi de recourir à des mesures musclées pour reprendre le contrôle du quartier commerçant de Bangkok occupé par les manifestants après l'échec du plan de réconciliation présenté la semaine dernière par Abhisit.

"La ville est quasiment à l'arrêt. Tout le monde est sur les nerfs et la tension est à son paroxysme", souligne Kiatkong Decho, analyste chez CIMB Securities. "A ce stade, je pense qu'il ne reste pas d'autres options à Abhisit que de déloger les manifestants par la force."

Jeudi soir, le "conseiller" militaire des "chemises rouges", Khattiya Sawasdipol, a été blessé d'une balle en pleine tête alors qu'il discutait avec des journalistes.

Surnommé le "commandant rouge", Khattiya est un général renégat tenu par le gouvernement pour un "terroriste" responsable d'une mystérieuse vague d'attentats à la grenade qui ont fait une centaine de blessés, mais il est vénéré par une bonne partie des "chemises rouges". Il a subi une opération du cerveau et se trouve dans un état stable.

L'incident a provoqué une demi-douzaine d'affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants. L'armée a encerclé le camp retranché des "chemises rouges", grand de trois kilomètres carrés et entouré de barricades faites de pneus et de bambous aspergés d'essence et de fils barbelés.

Des "chemises rouges" ont lancé des pierres et des soldats ont riposté en ouvrant le feu. Un manifestant a été touché par balle à un oeil et a succombé à ses blessures, rapportent des témoins.

Vendredi matin, le bilan s'élevait à un mort et onze blessés, selon le centre médical Erawan. L'armée a coupé le courant électrique dans certains secteurs et brouillé les services de téléphonie mobile.

Abhisit fait face à une pression de plus en plus forte pour sortir le pays de cette crise sans précédent depuis 20 ans, dont les débordements ont déjà fait une trentaine de morts et plus de 1.400 blessés, minant la confiance des investisseurs et des consommateurs.

Avec Ploy Ten Kate, Chalathip Thirasoonthrakul et Damir Sagolj, Clément Dossin et Pierre Sérisier pour le service français