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Séisme et tsunamis ont fait plus de 700 morts au Chili

A Pelluhue près de l'épicentre du séisme de samedi. La présidente Michelle Bachelet annonce que le bilan du tremblement de terre de magnitude 8,8 qui a ébranlé le Chili samedi s'élève désormais à 708 morts et pourrait encore s'alourdir. /Photo prise le 28

A Pelluhue près de l'épicentre du séisme de samedi. La présidente Michelle Bachelet annonce que le bilan du tremblement de terre de magnitude 8,8 qui a ébranlé le Chili samedi s'élève désormais à 708 morts et pourrait encore s'alourdir. /Photo prise le 28 - -

CONCEPCION, Chili - Le séisme survenu samedi au Chili et les tsunamis qui l'ont suivi ont tué 350 personnes dans une seule ville côtière, portant le...

CONCEPCION, Chili (Reuters) - Le séisme survenu samedi au Chili et les tsunamis qui l'ont suivi ont tué 350 personnes dans une seule ville côtière, portant le bilan total de la catastrophe à plus de 700 morts tandis que les autorités tentent de venir en aide à des survivants affamés.

En annonçant qu'au moins 708 personnes avaient péri, la présidente Michelle Bachelet a lancé dimanche un appel au calme dans une situation chaotique où des habitants privés d'eau et de nourriture pillaient des magasins dans les zones les plus affectées par le tremblement de terre de magnitude 8,8.

Sur des images de télévision, on a pu voir des voitures perchées sur les toits de maisons dévastées ou des bateaux entraînés à bonne distance du littoral dans la ville côtière de Pelluhe et dans celle de Constitucion, où l'on compte 350 morts.

"C'est une énorme catastrophe (...) le nombre de personnes disparues augmente", a dit Bachelet à la télévision, ajoutant qu'une aide médicale et alimentaire était acheminée auprès des quelque deux millions d'habitants sinistrés.

Le tremblement de terre, l'un des plus puissants observés depuis un siècle, a détruit ou endommagé 1,5 million de maisons, des routes et des ponts autoroutiers, portant un coup aux infrastructures du pays, premier producteur mondial de cuivre.

Des pénuries d'eau, de vivres et de carburant aggravent la situation de centaines de personnes privées de toit, tandis que les perturbations affectant la distribution d'électricité compromettent le redémarrage de l'industrie chilienne.

Des vagues géantes provoquées par le séisme ont pénétré sur une centaine de mètres dans les terres, démolissant des maisons et obligeant des habitants à fuir sur les hauteurs à proximité de l'épicentre.

Le gouvernement, qui avait déclaré juste après le séisme qu'il n'y avait aucun risque de tsunami, a justifié cette erreur en précisant qu'elle était due à des données incorrectes fournies par des experts de la marine.

RÉPLIQUES

A Concepcion, ville proche de l'épicentre du séisme et située à 500 km environ au sud de Santiago, on craint qu'une soixantaine de personnes aient péri écrasées sous les décombres d'un immeuble d'habitations où les sauveteurs se sont activés toute la nuit pour tenter de dégager des survivants.

Le gouvernement a décrété un couvre-feu dans la région de Maule et à Concepcion pour tenter de mettre fin aux pillages. La police a dû faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour évincer des pilleurs d'un supermarché de Concepcion.

"Les gens ont passé des jours sans manger", a expliqué Orlando Salazar, l'un d'entre eux. "La seule solution, c'est de venir ici et de se servir."

Jacqueline van Rysselberghe, maire de Concepcion, a déclaré à une radio locale que la situation était "très compliquée" en raison d'une pénurie de produits de première nécessité mais que les pillages étaient "totalement injustifiables" et qu'elle avait fait appel à l'armée.

Cette situation est un premier défi pour le président élu Sebastian Pinera, qui prend ses fonctions dans deux semaines.

Une série de fortes répliques ont secoué le pays et la capitale. Des centaines d'habitants de Concepcion ont campé dehors dans des tentes ou des abris de fortune, craignant de nouvelles secousses. Des pompiers ont utilisé pelles et marteaux piqueurs pour rechercher des signes de vie dans les décombres.

Le tremblement de terre risque de peser lourdement sur l'économie du pays et pourrait mettre sous pression sa monnaie, estiment des économistes. Son coût pourrait se situer entre 15 et 30 milliards de dollars, selon Eqecat, société d'évaluation des risques.

D'après les autorités, l'industrie du cuivre dispose de stocks suffisants pour répondre à ses engagements. Les principales mines de cuivre reprenaient leurs activités dimanche malgré un approvisionnement réduit en électricité.

Ricardo Alvarez, directeur de la mine d'El Teniente, la quatrième du pays, a dit à Reuters que le rythme de l'activité dépendrait de la fourniture d'électricité, encore partielle. On était sans informations sur deux mines d'Anglo-American dont la production a été interrompue par des pannes de courant.

Des tsunamis déclenchés par le séisme ont tué au moins quatre personnes sur les îles Juan Fernandez, au large du Chili, et ont frappé les côtes du Japon et de la Russie où l'on n'a signalé ni victimes ni dégâts sérieux.

Avec Simon Gardner et Alonso Soto à Santiago et le bureau de Londres; version française Marine Pennetier, Philippe Bas-Rabérin et Clément Dossin