BFM Business

Salon de Genève : le duel des best-sellers français

-

- - -

Les nouvelles versions des Renault Clio et Peugeot 208 seront en vedette au Salon Automobile de Genève cette semaine.

Oui il sera question de voitures de rêve avec de nouveaux modèles chez Ferrari ou Aston Martin... Bien sûr, il sera aussi question de l'automobile électrique et des mobilités du futur. Mais bien avant les voitures de demain et d'après-demain, les constructeurs, face à un avenir qui s'annonce très incertain, comptent avant tout sur la voiture d'aujourd'hui pour assurer le quotidien. Et c'est bien celle-ci qui sera en vedette au Salon de Genève.

C'est d'ailleurs un vrai duel que vont se livrer les 2 grands constructeurs français, PSA et Renault, sur les stands du salon, pour y présenter leurs best-sellers. D'un côté la Renault Clio, la voiture la plus vendue de France et 2ème d'Europe, et de l'autre la Peugeot 208, 2ème voiture du marché hexagonal et 7ème du marché européen. 

Défis multiples

Un véritable enjeu, car il est question de 2 modèles à forte marge, qui s'écoulent à 200 ou 300.000 exemplaires par an, assurant une part essentielle des flux de trésorerie des 2 géants automobiles. Une nouvelle version engage donc chaque constructeur pour au moins 5 ans, et elle se doit d'être réussie pour à la fois satisfaire la demande et parfaitement s'intégrer au paysage automobile actuel.

Un paysage en pleine transformation, face à des défis inédits. La marche forcée vers l'électrification et l'autonomie, le casse-tête des nouvelles normes et réglementations à travers le monde, la mauvaise santé du marché chinois et les risques liés au Brexit. Au milieu de ce contexte incroyablement complexe, les constructeurs, qui fonctionnent sur des cycles de produits de 5 à 10 ans voire plus, sont contraints à des investissements spectaculaires et à des décisions industrielles de plus en plus compliquées à prendre.

2 citadines dans l'air du temps

Mais le préalable à ces nouveaux chantiers est d'assurer le quotidien et le fonctionnement de l'outil industriel. Et en cela, même si les SUV se taillent une part de marché considérable (autour des 40% notamment sur le marché européen), la voiture citadine constitue le cheval de bataille essentiel de la rentabilité pour les constructeurs.

La Clio, qui va bientôt fêter ses 30 ans d'existence, en est à sa 5ème génération. Au fur et à mesure elle a monté en gamme, au point désormais d'égaler en qualité les équivalents allemands, notamment chez Volkswagen. Une montée en gamme qui permet de faire grimper les prix et la marge unitaire pour Renault. La Clio 5 sera disponible en essence, diesel mais aussi hybride rechargeable, grâce à la technologie PHEV dont l'Alliance Renault-Nissan bénéficie avec l'intégration de Mitsubishi.

Assurer la continuité et la rentabilité

Electrification totale en revanche au programme pour la Peugeot 208, qui proposera un modèle 100% zéro émission (E-208), en complément de versions classiques essence et diesel. La 208 qui sera a priori entièrement fabriquée désormais en Slovaquie dans l'usine de Trnava, alors que le site de Poissy, qui fabriquait la génération précédente, se concentre désormais sur les SUV, notamment la DS3 Crossback et un futur modèle du même genre badgé Opel. Un gage là aussi de meilleure profitabilité du modèle pour PSA.

Sur le papier, les 2 modèles ont toutes les chances d'être des succès, en assurant la continuité. Sur le marché français qui semble vouloir se stabiliser et se redresser un peu sur le mois de février, comme sur le marché européen où le cycle de renouvellement des gammes donnera sans doute un avantage aux nouvelles citadines françaises.

Nouvelle génération durable

Leurs motorisations sobres et les versions électrifiées leur assurent une durée de vie a priori longue, d'autant que la clientèle semble en ce moment délaisser quelque peu le segment des micro-citadines, permettant aux modèles de classe supérieure de récupérer un peu de parts de marché supplémentaires.

Le duel PSA/Renault autour des citadines sera donc le moment fort de ce Salon de Genève, qui tentera d'incarner au mieux le rêve et l'avenir automobile, et de cultiver l'optimisme au milieu d'une mutation gigantesque dont les conséquences sont toujours aussi difficiles à évaluer sur le long terme.